David Merle, le directeur de la société Bonneval, se dite prêt à aller jusqu’au bout de toutes les voies de droit à sa disposition.
Bonneval Emergence
La société savoyarde Bonneval annonce des recours administratifs contre les arrêtés préfectoraux du Gard et des Vosges concernant les eaux Perrier, Contrex et Vittel.
Après avoir saisi, en février 2026, les préfets du Gard et des Vosges de recours gracieux contre les arrêtés préfectoraux autorisant l’utilisation de filtres désinfectants dans la production d’eaux présentées comme « minérales naturelles », Bonneval en appelle aux juridictions administratives.
Au cœur du contentieux : les arrêtés pris en décembre dernier autorisant Nestlé Waters à recourir à des dispositifs de microfiltration de 0,45 micron dans la production de certaines eaux minérales naturelles pour les marques Perrier, Contrex et Vittel.
Nous déplorons que les préfectures n'aient pas plus rigoureusement appliqué la réglementation à un moment charnière du secteur
David Merle, directeur de la société savoyarde Bonneval.
Ce niveau de filtration, selon la documentation professionnelle, modifie le microbisme de l’eau en la désinfectant partiellement. « Nous déplorons que les préfectures n'aient pas plus rigoureusement appliqué la réglementation à un moment charnière du secteur, qui va connaître des évolutions capitalistiques majeures », dénonce David Merle, le directeur de la société savoyarde qui s'offusque de l'autorisation accordée à des traitements destinés à éliminer une contamination et mettant « sur le même plan, une eau naturellement pure à la source respectant les conditions de l’appellation et une eau ayant nécessité une intervention industrielle qui contrevient à cette réglementation. »
Une distorsion majeure
Au-delà du cas particulier visé par ces arrêtés, Bonneval considère « que ces décisions remettent en cause l’intégrité même de l’appellation "eau minérale naturelle", dont la valeur pour le consommateur repose précisément sur l’absence de traitement, la pureté originelle de la ressource et la provenance exclusivement naturelle du produit. »
La société savoyarde estime par ailleurs que ces décisions préfectorales permettent une situation où une eau traitée industriellement peut être vendue comme un produit naturel, à un prix pouvant atteindre jusqu’à 150 fois celui de l’eau du robinet qui est aussi une eau traitée industriellement : « un tel précédent ferait disparaître durablement les garanties de provenance attachées à cette appellation et créerait une distorsion majeure au sein du marché des eaux minérales naturelles, récompensant ainsi les entreprises ne respectant pas la réglementation au détriment du consommateur. »
Déterminée à aller jusqu’au bout de toutes les voies de droit à sa disposition
Implantée à Seez, Bonneval exploite de l'eau qui jaillit naturellement en Tarentaise. La société emploie une cinquantaine de salariés pour un chiffre d’affaires 2025 de 5 M€. Elle se dit déterminée à défendre le respect strict du cadre réglementaire applicable aux eaux minérales naturelles et à aller jusqu’au bout de toutes les voies de droit à sa disposition. « Nous espérons que la juridiction administrative rappellera clairement le droit et mettra fin à une situation où l’État semble fermer les yeux sur des procédés incompatibles avec cette appellation », déclare David Merle.