L’actualité économique en Auvergne-Rhône-Alpes

Dimanche 16 Décembre 2018

 
Alain Renaud Professeur en géostratégie et géopolitique

Quel avenir pour la nouvelle Région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Publié Le 26.10.2016 À 17H20
Quel avenir pour la nouvelle Région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Rhône-Alpes, c’est fini ! Vive Auvergne-Rhône-Alpes ! Mais cette nouvelle Région, créée par quelques technocrates au sein des ministères parisiens, a-t-elle la cohérence et l’identité propre à lui assurer un avenir prospère ?

A première vue, l’Auvergne partage avec Rhône-Alpes une identité artificielle au niveau culturel, mais une certaine cohérence quant à sa géographie et son économie. Les Auvergnats ne sont guère plus Lyonnais que les Savoyards ou les Dauphinois, et ne seront probablement jamais d’abord des « Auralpins », mais l’Auvergne équilibre bien à l’ouest les Alpes savoyardes et dauphinoises, tandis que Lyon, situé à mi-distance, en assure parfaitement l’équilibre. Un équilibre qui a toute sa raison d’être au niveau économique.

L’Auvergne et sa capitale Clermont-Ferrand disposent d’une véritable pépite, Michelin, la multinationale de très grande taille qui manquait à la seule Rhône-Alpes. Mais Clermont et l’Auvergne sont beaucoup plus que Michelin : d’autres entreprises performantes comme Limagrain, des villes thermales réputées à l’image de Vichy ou Volvic, des attractions touristiques comme Vulcania…

Infrastructures

L’Auvergne et Clermont permettent aussi à la nouvelle Région et à Lyon d’être mieux reliées à l’Atlantique et à Bordeaux grâce à l’A89 récemment achevée. Le projet de LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon (POCL) bénéficie désormais du soutien renforcé de la nouvelle Région. Encore faudrait-il que le prochain gouvernement opte enfin pour le développement de nouvelles lignes LGV qui puissent être rentables… Une ligne qui pourrait mettre l’aéroport de Lyon à portée des Auvergnats et renforcer ainsi ses liaisons intercontinentales dont la Région a impérativement besoin.

A la recherche d’un nouvel équilibre

Forte de 8 millions d’habitants, d’une économie dynamique et diversifiée, d’un réseau de métropoles harmonieux, d’une capitale incontestée, Auvergne-Rhône-Alpes peut véritablement devenir l’amorce d’un autre modèle heureux et prospère pour une France restée fondamentalement jacobine.

Mais cette évolution ne fonctionnera que si un équilibre est trouvé entre métropoles et régions, entre Lyon, Grenoble, Clermont et Saint-Etienne tout comme entre le Lyonnais, l’Auvergne, la Savoie et le Dauphiné principalement. Elle ne vivra que si la réussite des Savoyards à tous les niveaux, et d’abord économique, devient un motif de fierté pour les Auvergnats ou les Lyonnais. Que si les uns se réjouissent du succès des autres. C’est ce sentiment d’appartenance régionale qui pourra seul faire le succès de cette région technocratique, tout comme l’Union Européenne ne peut survivre que si les Français se félicitent des succès allemands hors d’Europe et réciproquement. Et ce sentiment d’appartenance ne peut reposer que sur la confiance et des réussites partagées.

L’union fait la force

Seul le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes peut être à même de bâtir cet équilibre et cette confiance, en particulier entre Lyon, le Lyonnais et les autres métropoles et régions historiques, faute de quoi cette fausse « fusion » entre deux Régions risque d’éclater, les Auvergnats n’y trouvant pas leur place, comme pourrait aussi le faire Rhône-Alpes si les Savoyards s’y sentaient véritablement étrangers.

Ce sont les hommes qui feront la Région tout autant que la Région les façonnera à sa nouvelle existence. L’union fait la force pour autant que chacun y trouve sa place.

 

Alain Renaud est l'auteur de l'esssai "Un destin pour une autre France » (Edition L'Harmattan)

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