Jacques Gounon, Président de la Transalpine : "Après des années d'atermoiements, cette proposition n'est clairement pas à la hauteur des enjeux d'une liaison aussi structurante pour la transition écologique et le réseau ferroviaire européen".
DR
Le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) s’apprête à rendre sa copie à la Première Ministre. Ses préconisations seraient très lourdes de conséquences pour le chantier Lyon-Turin.
La consultation menée par la préfecture Auvergne-Rhône-Alpes concernant les voies d’accès au tunnel transfrontalier sous les Alpes s’était achevée, il y a quelques mois, sur le choix le plus ambitieux, c’est-à-dire celui du grand gabarit permettant d’optimiser les reports modaux de la route vers le rail, aussi bien en ce qui concerne le trafic fret que le trafic voyageurs. Mais c’était aussi le plus coûteux, environ 8 milliards d’euros.
Aujourd'hui, la COI propose un scénario qui fait enrager l'association de promotion La Transalpine. Celle-ci dénonce le calendrier de ce scénario qui propose une « hypothétique livraison des voix nouvelles d'accès depuis Lyon jusqu'au tunnel transfrontalier qui n'intervient pas avant 2045, soit 12 ans après la mise en service de l'ouvrage sous les Alpes et de la section italienne ».
Un choix qui serait lourd de conséquences
Par ailleurs, c’est la modernisation de la ligne classique actuelle entre Dijon et Modane qui est aujourd'hui préconisée par le COI. Un projet bien moins exigeant et d’un coût certes très inférieur, soit autour des 600 millions d’euros. Mais ce choix, s’il était validé par le gouvernement français, serait lourd de conséquences. Car les capacités des voies d'accès et du tunnel côté italien seraient alors deux fois supérieures à celles du tronçon Dijon-Modane, même modernisé. Ubuesque !
Il est à noter que cette position du COI est conforme aux idées des élus lyonnais actuels (écologistes) qui ont toujours eu la plus grande retenue vis-à-vis du projet global, en accord avec la présidente de la commission transport du Parlement européen, Karima Delli (elle aussi écologiste).
Les préconisations du COI sont donc de nature à remettre en cause la pertinence de la globalité du projet alors que les travaux sont déjà bien engagés. À quoi bon continuer à investir, alors que l’outil ne sera jamais à la hauteur de l’enjeu ? Autre conséquence : le maintien de la liaison Lyon-Turin-Milan dans la situation actuelle, c’est-à-dire sans ligne à grande vitesse !