Geneviève Colonna d'Istria
C’est une page qui se tourne dans l'histoire de Clermont-Ferrand. La « Muraille de Chine », cette barre d’immeuble datant de 1961, ne sera bientôt qu'un vieux souvenir.
C’est un chantier exceptionnel qui vient de débuter à Clermont. La déconstruction de la barre d’immeuble baptisée la « Muraille de Chine » en raison de ses imposantes mensurations vient de commencer. Avec ses 320 mètres de long et ses 354 appartements, ce bâtiment dominait la ville. Au cours de ces trois dernières années, il a été vidé progressivement de ses quelque 800 habitants. Et le chantier est aujourd'hui entré dans sa phase de déconstruction. Une opération spectaculaire chiffrée à 12 millions d'euros et financée par l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU).
Chantier exceptionnel
« Ce chantier est exceptionnel par la taille du bâtiment et par sa situation dans la ville. Il est implanté sur un promontoire dans le centre, proche du viaduc Saint-Jacques et du CHU. Il était donc impossible de le faire sauter à l’explosif », analyse Cédric Prodhomme, responsable du service réhabilitations et renouvellement urbain d'Assemblia, maître d’ouvrage. C’est donc une imposante pelleteuse de 110 tonnes – il n’en existe que cinq en France - qui vient de faire son entrée en scène pour grignoter, mètre après mètre, la fameuse barre de béton. Son long bras de 38 mètres devra détruire treize des quatorze bâtiments qui forment l’ensemble. « Le quatorzième, qui se trouve tout près du viaduc, sera écrêté au moyen d’engins plus petits ».
Matériaux recyclés
Les déchets issus de la déconstruction devraient être recyclés en grande partie. 93 000 tonnes de bois seront récupérées pour être transformés en bois de chauffage et produits agglomérés. 13 000 tonnes de béton inerte seront dédiées à la confection de routes. 198 tonnes de déchets (fenêtres, métaux et autres ferrailles) seront également réutilisées. Le chantier est mené sous la houlette du maître d'œuvre Ingerop, maître d’œuvre.
Le grignotage du bâtiment durera jusqu’en juillet. La fin du chantier est prévue pour décembre 2023. Par la suite, la « Muraille de Chine » sera remplacée par un grand parc urbain.