Apparu grâce au transport aérien, le concept « low cost » s’est répandu dans bien d’autres secteurs. Les crises successives récentes lui ouvrent de nouvelles opportunités, en Auvergne Rhône-Alpes comme dans toute l’Europe.
La dernière étude en date de l'Observatoire Cetelem (Groupe BNP Paribas), sur l'évolution des comportements des consommateurs, le met en évidence : le phénomène du low cost, s’est propagé progressivement, au-delà des transports, dans la plupart des secteurs de la consommation (alimentaire, textile, téléphonie…).
Pression sur les salaires et les conditions de travail
Un temps remis en cause pour des arguments de sécurité, de fiabilité ou d’image, les produits et services low cost ont repris de la vigueur, à la faveur de l'inflation et de la consommation par internet. « Aujourd’hui, pour les Européens, la consommation low cost est décomplexée, elle est devenue une alliée du pouvoir d’achat », selon Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem. Et ceci même si 77 % des habitants d’Auvergne-Rhône-Alpes (74 % en France) sont d’accord pour considérer que les marques réduisant ainsi leurs prix le font en exerçant une pression sur les salaires et les conditions de travail.
Low cost choisi et low cost subi
Pour les revenus se situant au-dessus du niveau median, l’image du low cost n’a aucune connotation négative. Pour les revenus plus faibles en revanche, elle est davantage dégradée. « C’est ce qui explique en particulier que l’image est plus brouillée chez les jeunes qui subissent davantage de contraintes budgétaires et n’ont pas d'alternative, contrairement aux autres catégories qui optent pour le low cost par choix », analyse Flavien Neuvy.
D’une façon générale, le low cost est choisi pour 55 % des Européens alors qu'il est subi par 45 % d'entre eux.
Le prix reste au cœur des décisions des consommateurs
Ce constat vient choquer certaines tendances récentes comme celles du bio (qui a connu un trou d’air l’année dernière en France), de la consommation de proximité et des circuits courts, du « mieux consommer » et du « made in France »… Mais c’est bien le prix qui reste, plus que jamais, l'arbitre en situation de crise, pour la majorité des consommateurs.
Ainsi, dans les transports par exemple, le low cost a de beaux jours devant lui : pour 16 % des Européens, il va se développer et devenir la norme dans le transport ferré et par autobus, alors qu’ils ne sont que 12 % à penser qu’il va disparaître ou reculer. Pour le transport aérien, ces chiffres sont respectivement de 17 % et de 3 %.
(*) L’étude de l’Observatoire Cetelem a été réalisée avec Harris Interactive du 3 au 16 novembre 2022, dans 15 pays d’Europe. Elle s’appuie sur les résultats de 14 200 interviews, dont 3 000 en France.