Christophe Gaussin et Jean-Claude Bailly, du groupe Gaussin.
Gaussin
Au lendemain de l'annonce de la décision du Tribunal de commerce de Lyon concernant le rachat de Navya, son repreneur, Gaussin, a dévoilé ses ambitions. Objectif affiché : déployer Navya sur de nouveaux marchés en sites fermés, tout en retrouvant la rentabilité.
Gaussin et Macnica ont repris les actifs de Navya à la barre du Tribunal de commerce à travers une co-entreprise qui sera détenue à 51 % par Gaussin et 49 % pour Macnica.
L'entreprise d'engeneering Gaussin conçoit et assemble des équipements de transport et de logistique, avec notamment un fort savoir-faire dans les véhicules autonomes depuis 2013. À ce jour, 50 000 véhicules Gaussin circulent à travers le monde sur des terminaux portuaires et aéroportuaires, des sites logistiques et en transport de personnes. La société compte parmi ses clients Qatar Airways Cargo, Maersk APMT ou encore UPS.
En janvier 2022, Gaussin (Hénicourt) s'est fait connaître du grand public en lançant le premier camion à hydrogène sur le Paris-Dakar. Puis en décembre, elle a décroché une commande de 329 tracteurs électriques pour Amazon. Ces véhicules seront fabriqués en Saône-et-Loire, à Saint-Vallier, sur le site Metalliance que l'entreprise familiale a repris en 2020. Gaussin emploie 300 personnes en France dont 200 à Saint-Vallier, a réalisé un chiffre d'affaires de 57 millions d'euros en 2022. Cotée sur Euronext Growth, elle vise les 100 millions d'euros cette année.
Macnica est une société japonaise qui fournit des semi-conducteurs, des appareils électroniques, des réseaux et des produits de cybersécurité de pointe. Créée en 1972, cette dernière est présente dans 85 pays. Elle connaît déjà bien Navya, pour distribuer ses navettes au Japon.
La force de Navya, c'est l’expertise de ses collaborateurs, dont ses 120 ingénieurs qui développent une suite logicielle de conduite autonome de niveau 4 unique au monde
« La force de Navya, c'est l’expertise de ses collaborateurs, dont les 120 ingénieurs qui sont en cours de développement d’une suite logicielle de conduite autonome de niveau 4 (sans personnel à bord, N.D.L.R.) unique au monde », explique Jean-Claude Bailly, ancien président de Volvo Trucks France, et vice-président exécutif de Gaussin depuis septembre 2020. C'est lui qui sera CEO de la nouvelle co-entreprise dont le nom reste à définir.
L'acquisition de Navya permet la sauvegarde de 143 emplois en France (environ 80 à Paris et 60 à Lyon) et six à Singapour, soit 70 % des effectifs actuels de Navya. Des propositions de reclassement seront faites aux autres salariés - principalement de la production (le site de Vénissieux n'est pas repris) - afin de les intégrer au site de production de Gaussin à Saint-Vallier. C'est là que seront dorénavant produits les véhicules de l'ex-Navya.
15 millions d'euros à injecter
La reprise des actifs de Navya représente un montant de 1,5 million d’euros, auquel s’ajoute un financement de l’activité, sur les douze premiers mois, de 15 millions d’euros. La nouvelle co-entreprise vise un chiffre d’affaires de 38 millions d'euros en 2024 et de 120 millions d'euros en 2025, dont une grande partie à l'export et concernant des sites fermés.
En 2015, Navya a été la première société à mettre en service des solutions de mobilité autonome pour le transport de passagers. Elle dispose d’une gamme adaptée à la mobilité courte distance avec les navettes ARMA et EVO mais aussi avec la BlueBus 6m en collaboration avec Bolloré. Plus de 200 exemplaires ont déjà été commercialisés dans 25 pays. Le tracteur Autonom® Tract est quant à lui destiné au transport de biens.