Hélène Geoffroy, présidente de la SERL devient également présidente de la SPL « Aménagement Construction ». Vincent Malfère, directeur général de la Serl, devient aussi directeur de la SPL.
Xavier Chabert
La Métropole de Lyon, les Villes de Lyon et Villeurbanne viennent de constituer une Société Publique Locale, « Aménagement Construction », adossée à l’historique SERL, dans le but d’optimiser les délais de réalisation de leurs opérations. Si la SERL* est positionnée sur un marché concurrentiel et peut intervenir pour n’importe quel donneur d’ordres, la nouvelle entité ne pourra travailler que pour ses actionnaires. La SPL a la même gouvernance que la SERL : Hélène Geoffroy (vice-présidente de la Métropole de Lyon et maire de Vaulx-en-Velin) en est la présidente, Vincent Malfère en est le directeur. Interview.
Bref Eco : Des délibérations ont été votées en décembre 2022 par les élus locaux pour valider l’entrée de leurs trois collectivités au capital de la nouvelle SPL. Quel a été le calendrier depuis ?
Vincent Malfère : L’assemblée générale constitutive de la SPL a eu lieu le 13 mars. Le premier conseil d’administration – 13 membres dont des élus d’opposition - s’est tenu le 29 mars. Il a élu Hélène Geoffroy à sa présidence qui m’a nommé directeur.
Bref Eco : Il y a une douzaine d’années, lorsque les SPL sont apparues dans le paysage des Entreprises Publiques Locales, la question s’était posée de la transformation de la SERL mais ce schéma n’avait pas été retenu. Quelle est la réflexion qui a mené aujourd’hui à la création d’une SPL en parallèle de la SERL ?
Hélène Geoffroy : La croissance démographique de la Métropole est forte et atteint 1 % par an, soit deux fois la moyenne nationale. On parle beaucoup de logements mais cette dynamique implique aussi des équipements publics. Il y a donc un enjeu de construction de bâtiments publics et de rénovation des équipements les plus anciens. C’est un travail conséquent pour les communes comme pour la Métropole qui prend en charge également la construction des collèges. Ce sont des chantiers lourds, nombreux et le besoin est urgent. Les communes les plus petites n’ont pas forcément les équipes adéquates pour les mener et les grandes comme la Métropole, Lyon ou Villeurbanne, qui ont déjà leurs propres équipes, ont besoin d’accélérer.
La création de la SPL répond à ces deux enjeux. Mieux encore, elle correspond à un enjeu de solidarité et de mutualisation à grande échelle. En effet, elle a été créée par les trois plus grandes collectivités qui injectent le capital de départ (500 000 euros) mais elle est ouverte à toutes les communes de la Métropole moyennant l’acquisition d’une action à 1 000 euros puis le paiement des services évidemment. C’est un service d’accompagnement. La Métropole joue de cette façon pleinement son rôle de mutualisation et de cohésion.
Bref Eco : Quel sera l’intérêt, pour une collectivité membre, de solliciter la SPL plutôt que de lancer un appel d’offres pour trouver un assistant à maîtrise d’ouvrage comme la SERL ou les nombreux cabinets présents sur le marché ?
Hélène Geoffroy : C’est surtout un gain de temps. On peut gagner au moins six mois par rapport à la recherche d’un prestataire. Et, le cas échéant, on ne mobilise pas les équipes internes qui continuent à travailler sur leurs projets. En aval, en revanche, rien de différent, les marchés publics seront portés par les collectivités.
Bref Eco : Quel est le plan de charge d’ores et déjà connu de la nouvelle structure ?
Hélène Geoffroy : Une douzaine de dossiers est en discussion : écoles, crèches, collèges, chantiers de rénovation, d’agrandissement, de création. Deux dossiers sont plus particulièrement avancés pour la Ville de Lyon : le pôle social et culturel des Girondins et une crèche du quartier de Montchat.
Bref Eco : Pas de dossiers d’aménagement donc ?
Hélène Geoffroy : Ce n’est pas la priorité pour le moment.
Bref Eco : D’autres communes se sont-elles déjà manifestées ?
Hélène Geoffroy : Pas encore formellement mais, en tant que vice-présidente de la Métropole à l’égalité des territoires, je ressens des attentes. La Métropole a mis en place une dotation d’investissement à l’intention des communes. La SPL est de nature à contribuer à renforcer les liens de confiance.
Bref Eco : La SPL va être « adossée à la SERL », qu’est-ce-que cela signifie ?
Vincent Malfère : Il a été décidé d’une part que la SERL mettra à disposition de la SPL des chefs de projets. Dans un délai de 18 à 24 mois, nous créerons probablement un groupement d’employeurs pour pérenniser cette mise à disposition. D’autre part, les deux entités ont validé la constitution d’un GIE pour les fonctions support (comptabilité, communication, juridique, marchés publics et moyens physiques).
À terme, la SPL embauchera ses propres salariés. L’effectif sera fonction du plan de charge qui dépendra lui-même de la vitesse d’exécution des investissements des collectivités et de leur appétence à utiliser ses services. Entre l’option interne, l’appel d’offres ou la SPL, le choix de chaque collectivité sera guidé par la charge des équipes internes le cas échéant, la technicité des dossiers et les délais impartis.
* Le SERL (Société d'Equipement et d'aménagement du Rhône et de Lyon), créée en 1957, est une Société Anonyme d’Économie Mixte. Ses actionnaires sont la Métropole, le Département, la CDC, la CCI, des bailleurs sociaux et des banques. Son résultat net se situe entre 0,6 et 1,5 M€. Il est réinvesti, notamment via sa filiale Serl@immo, dans des opérations immobilières : Usin, Hôtel de logistique urbaine, locaux commerciaux, villages d’entreprises...