Michaël Guthmuller, dans les bureaux de la station Mobile de Grenoble, ce 27 mars
JFB
Face à la très forte augmentation de la fraude enregistrée l’an dernier sur le réseau des transports en commun grenoblois M Tag, Michaël Guthmuller, son nouveau directeur, veut prendre le problème à bras-le-corps.
Mesuré par une agence extérieure, le taux de fraude s’est situé, en moyenne l’année dernière, tous modes confondus, à 13,2 %. Le manque à gagner en matière de recettes est ainsi estimé entre 4 et 5 millions d’euros, en 2022. Avant le covid, ce taux était, en 2019, de 9,6 % et le chiffre de références, atteint il y a une dizaine d’années, était autour de 7,5 %. Cette évolution est constatée alors que la fréquentation du réseau M Tag est revenue en 2022 à 87 % de son niveau de 2019.
Instauration d'un délit d’habitude
Pour renverser la tendance, M Tag va recruter une vingtaine d’agents de contrôle, d’information et de prévention (Acip) et déployer un arsenal de mesures. L’accès aux véhicules par la porte avant sera remis en place. L’« open paiement » par carte bancaire va faire son apparition à la prochaine rentrée. Les opérations de contrôle « coup de poing », conjointes avec la police, vont également se multiplier. Aujourd’hui, on en compte une trentaine par mois. Des agents en civil vont faire leur apparition à bord des véhicules. Des annonces sonores seront diffusées et une communication sera effectuée auprès des écoles de l’agglomération. Enfin, pour la première fois à Grenoble, le délit d’habitude, qui peut conduire en prison les personnes confondues, sera institué à partir de cinq fraudes.
Un enjeu économique et sécuritaire
« Il s’agit d’un enjeu économique, commercial et sécuritaire », résume Michaël Guthmuller qui a pris la direction du réseau en janvier dernier. Depuis l’année dernière, c’est une Société Publique Locale (SPL) qui gère le réseau M Tag. Elle est détenue pour les deux tiers par le Syndicat Mixte des Mobilités de l’Agglomération Grenobloise (Smmag) et pour un tiers par Grenoble Alpes Métropole.
L’objectif de ce dispositif de lutte contre la fraude est de revenir, dès la fin de cette année, à un taux de 10 %, puis le plus rapidement possible au niveau de 8,5 %, le niveau contractuel auquel la SPL est engagée auprès du Smmag.