L'imprimante Bio X a été développée par la société suédoise Cellink
DR CTIBiotech
Spécialisée dans l'hémato-oncologie (cancers et maladies du sang), CTIBiotech déploie des modèles de cellules et de tissus humains pour accompagner les développements de la recherche médicale et scientifique.
En 1996, Nicolas Forraz, élève lyonnais à l'université anglaise de Kingston, fait la rencontre de Colin McGuckin. Ils vont travailler ensemble dans le domaine de l'ingénierie tissulaire humaine. C'est ici que viendra l'idée de créer CTIBiotech (Meyzieu), en 2009.
Réutiliser des échantillons de peau pour soutenir la recherche
L'objectif est de fabriquer des tests prédictifs à partir de cellules et tissus humains collectés suite à des opérations ou diagnostics (prélèvements sanguins, biopsies de peau ou tumorales). « On demande à des patients s'ils sont d'accord pour céder un échantillon de leur peau (qui sera de toute façon détruit), pour soutenir la recherche », détaille Nicolas Forraz. CTIBiotech est organisée en trois pôles. Avec CTIBiosourcing, la société fabrique des modèles tissulaires humains sous forme de produits de recherche livrables à des laboratoires. Son pôle CTIPharma regroupe la recherche autour de l'oncologie, de l'immunologie et des thérapies cellulaires. Enfin, CTISkin concentre la recherche sur la biologie de la peau pour des applications cosmétiques et pharmaceutiques.
Créer des cellules cancéreuses en 3D
CTIBiotech utilise la bio-impression 3D depuis huit ans et désormais au sein de son laboratoire de Meyzieu ouvert en 2019. Pour ce faire, elle s'est rapprochée de la société suédoise Cellink, fournisseuse de l'imprimante Bio X. Cette dernière permet la fabrication de tissus cancéreux à partir d'une encre biologique qui entoure les cellules. « Grâce à cette technologie, il est possible de reconstruire une tumeur en 3D et de démultiplier le nombre de tests car nous ne sommes plus limités par le nombre de fragments de peau », poursuit Nicolas Forraz.
De manière générale, CTIBiotech effectue des tests pour le compte des hôpitaux, des universités, des industriels de la pharmacie, de la cosmétique et de la chimie. Mais l'entreprise produit également des modèles de peau dans le cadre d'un partenariat avec l'Armée française, l'Institut Pasteur et l'École polytechnique. « Ce consortium a développé un dispositif médical aidant à traiter les brûlures et empêcher les surinfections chez les brûlés. Nous produisons chaque mois une cinquantaine de modèles de peau que nous expédions à l'Institut Pasteur dans le cadre d'essais cliniques ».
Poursuivre à l'international
Avec deux millions d'euros de chiffre d'affaires en 2022 (le double est espéré en 2024), CTIBiotech souhaite continuer sa progression sur les territoires d'Asie du Sud-Est et en Europe, mais aussi sur le continent américain.