Pose de la première pierre du projet Athenza en présence de la ministre de l'Agriculture
Limagrain
En déplacement en Auvergne la semaine dernière, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a visité le site agro-industriel de Limagrain à Ennezat. Une visite hautement symbolique, marquée par l’annonce d’un plan d’investissement massif de 200 millions d’euros d’ici 2033, au cœur d’un contexte de fragilisation inédite de l’appareil agricole français.
Quelques semaines après le lancement du Grand Réveil alimentaire et des Conférences de la souveraineté alimentaire, la ministre a rappelé « un constat sans appel » : premier déficit commercial agricole depuis 50 ans, dépendance croissante aux importations et fortes tensions géopolitiques liées à la guerre en Ukraine, aux droits de douane américains et aux taxes chinoises. « L’alimentation est un enjeu de souveraineté pour les Français, au même titre que la défense », a-t-elle insisté.
Dans ce contexte, Limagrain veut se positionner comme un acteur stratégique. La coopérative agricole internationale installée dans le Puy-de-Dôme, accélère la transformation de son usine historique d’Ennezat, dédiée aux semences de grandes cultures (blé, maïs, tournesol) et à la transformation des grains. Mise en service au début des années 1970, l’installation entre dans une nouvelle ère industrielle.
Le plus grand magasin automatisé de produits finis d'Europe
La première phase, engagée en 2025, représente 87 millions d'euros. Elle comprend notamment la construction d’un magasin automatisé de produits finis de 17 500 palettes, présenté comme le plus grand et le plus moderne d’Europe (30 M€, mise en service prévue à l’automne 2026), ainsi qu’un nouveau silo de 46 500 tonnes dédié principalement au maïs pour l’alimentation humaine (30 M€, récolte 2026). S’y ajoutent 12 millions d'euros pour l’agrandissement du moulin à blé et 15 millions d'euros pour une nouvelle ligne d’ingrédients à base de céréales et légumineuses, répondant à la demande croissante en protéines végétales.
L'usine 4.0 pour...2031
Une seconde phase de 113 millions d'euros, programmée jusqu’en 2031-2033, doit transformer le site en usine 4.0 : sobriété énergétique, flexibilité variétale, digitalisation des flux, exploitation des données en temps réel et intégration de l’intelligence artificielle pour optimiser qualité et volumes.
Pour Sébastien Vidal, président de Limagrain, « chaque décision audacieuse prise aujourd’hui est une promesse faite aux générations futures ». Même ligne pour le directeur général Sébastien Chauffaut : « Ces investissements s’inscrivent pleinement dans notre feuille de route Ambition 2030, au service d’une croissance rentable et durable ».