Montagne Autrement 2030 permet de gérer le domaine skiable de Saint-Pierre-de-Chartreuse différemment.
Chartreuse Tourisme
Le domaine skiable de Saint-Pierre-en-Chartreuse, Le Planolet, transforme son modèle économique avec l’aide de la Communauté de communes Cœur de Chartreuse pour évoluer avec le changement climatique.
Comme nombre de stations de ski de moyenne altitude, Le Planolet (altitude : de 900 m à 1 600 m), à Saint-Pierre-de-Chartreuse, fait face au réchauffement climatique. Afin de ne pas disparaître, elle a engagé depuis 2021 une transformation de ses modèles économique et touristique avec l’aide de la Communauté de communes Cœur de Chartreuse.
En effet, plutôt que de tenter de maintenir un modèle désormais fragile, le territoire souhaite adapter son offre « autour d’un ski plus sobre » et « développer une approche touristique plus large de la montagne, au service des habitants comme des visiteurs ». Il s’agit de la démarche « Montagne Autrement 2030 ».
Une gestion de la montagne différente
Cœur de Chartreuse explique avoir rencontré des difficultés pour trouver un exploitant au domaine skiable. Après une tentative infructueuse auprès d’un Etablissement public industriel et commercial (Epic) entre 2016 et 2021 - la pandémie ayant grandement fragilisé l’équilibre financier de la structure - l’intercommunalité s’est tournée vers « Montagne Autrement 2030 », qui rassemble depuis déjà deux saisons la communauté de communes, les communes de Saint-Pierre-de-Chartreuse et de Saint-Pierre-d’Entremont et l’association Nouvelles traces en Chartreuse.
« Montagne Autrement 2030 » a permis un recentrage de l’activité ski autour de deux sites distincts équipés exclusivement de téléskis : Le Planolet et Les Essarts/La Scia. « Ce choix permet une ouverture rapide lorsque les conditions d’enneigement sont réunies, tout en limitant les coûts d’exploitation et de maintenance », précise Cœur de Chartreuse. Le Planolet est géré par Nouvelles traces en Chartreuse dans le cadre d’une Délégation de service public (DSP) de cinq ans. Un mode de gestion associative censé favoriser « une dynamique locale » et « un ski accessible et familial ».
Le site des Essarts est confié à l’entreprise STASS’ pour une durée de cinq ans en DSP aussi. « Son modèle économique repose sur une offre d’activités de glisse et d’activités acrobatiques proposées tout au long de l’année, les activités sur neige venant compléter cette offre lorsque les conditions le permettent », précise l’intercommunalité.
Valoriser l’économie circulaire
Du moins, pour ceux qui ont été conservés. En effet, le télésiège de la Combe de l’Ours a notamment été cédé pour un montant d’1,6 million d’euros à la société Val Cenis en juin 2025. Cette opération, qui privilégie le réemploi d’un équipement, a permis l’apurement complet de la dette du domaine skiable, soit 1,8 million d’euros. Initialement, il aurait dû être atteint en 2042. Une bonne nouvelle pour le domaine skiable, d’autant plus que le maintien à l’arrêt d’une telle structure génère des coûts pour la collectivité.
En parallèle, plusieurs opérations de démontage sont actuellement conduites. Les installations démontées seront vendues pour pièces détachées ou bien triées et orientées vers des filières de réemploi ou de valorisation. Les fondations seront quant à elles arasées et les terrains reprofilés pour favoriser la régénération de la nature.