Yvan Demars, directeur du réseau Auvergne-Rhône-Alpes et Charles-Eric Baltoglu, directeur régional à Lyon de Bpifrance.
A. Desfève
Lundi 20 avril, Yvan Demars, directeur du réseau Auvergne-Rhône-Alpes et Charles-Eric Batoglu, directeur régional à Lyon, ont dressé le bilan 2025 de Bpifrance dans la région. La banque publique y a soutenu 12 560 entreprises, à hauteur de 4,8 milliards d’euros, soit 200 millions d'euros de plus que l'année dernière. Avec un effort particulier sur l’industrie, où 1,4 milliard d’euros ont été injectés.
4,8 milliards d’euros. Telle est la somme injectée, par Bpifrance, dans 12 560 entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes, en 2025. Ce soutien a permis de mobiliser, en tout, 11,4 milliards d’euros, grâce à l’effet de levier auprès des banques et des investisseurs. Ces chiffres sont tous à la hausse par rapport à l’année dernière puisque 2024 avait vu Bpifrance accompagner 11 800 entreprises, à hauteur de 4,6 milliards d’euros, portant cette somme à 10,7 milliards d’euros avec l’effet de levier.
« Notre mission est d’accompagner les entreprises tout au long de leur vie, sans distinction de taille ou d’activité, dans les territoires », a rappelé Yvan Demars, directeur du réseau Auvergne-Rhône-Alpes. Bpifrance déploie son activité autour de sept métiers : financement, garantie, innovation, fonds propres, export, création et conseil.
1,4 Md€
C'est le montant mobilisé par Bpifrance pour les entreprises industrielles en Aura.
Dans le détail, Bpifrance a apporté un gros coup de pouce à l’industrie avec 1,4 milliard d’euros de financement au bénéfice de 1 655 entreprises. Un soutien équivalent en valeur par rapport à 2024, mais en hausse de 30 % quant au nombre d’entreprises concernées.
Comme l’année dernière, Yvan Demars a insisté sur le rôle de la banque publique dans ce secteur « très capitalistique ». « Notre encours est de 30 % sur l’industrie quand son poids dans l’économie est de moins de 10 % », a-t-il expliqué.
La transition écologique, un avantage économique
Bpifrance a également défendu son bilan en matière de financement de la transition des entreprises. Elle a accordé 154 millions d’euros de prêts climat, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024 (133 millions d’euros). Yvan Demars a insisté sur l’intérêt économique qu’ont les entreprises à opérer leur transition, et notamment à s’électrifier, pour éviter d’être dépendantes des énergies fossiles et d'être soumises à l'incertitude qui leur est liée. Yvan Demars estime que les entreprises ayant engagé leur transition, en particulier les 532 entreprises de la communauté du Coq Vert, affichent un chiffre d’affaires et une rentabilité plus ou moins 10 % supérieurs aux autres entreprises.
Yvan Demars et Charles-Eric Baltoglu, directeur régional Bpifrance à Lyon, ont également insisté sur le soutien à deux secteurs. Tout d'abord la défense, composé de PME à la santé parfois fragile, qui devront peut-être être en mesure d'accélérer leur production au vu du contexte international tendu. Bpifrance a ainsi réalisé 9 M€ d’investissement direct. La banque publique continue également de soutenir les deeptech, secteur dans lequel elle a mobilisé 31 millions d'euros dans les différents dispositifs.
À l'international, de nouvelles stratégies sous l'ère Trump ?
Bpifrance accompagne les entreprises à l’international. Elle a soutenu, en Aura, en 2025, 415 entreprises à hauteur d’1,2 Md d’euros et fait notamment partie de la Team France Export.
Qu’a changé la hausse des droits de douane par l’administration Trump pour les entreprises ? Bpifrance constate, en réaction, deux mouvements : un rencentrage sur l’Europe et des croissances externes outre-Atlantique pour ne pas avoir à subir lesdites taxes. Quoi qu’il en soit, « les entreprises qui innovent et qui exportent sont celles qui supportent le mieux les crises », constate Yvan Demars.