Le dernier volet de l'étude sur l’impact environnemental du numérique préconise d’associer les Régions pour identifier les leviers d’actions et promouvoir les bonnes pratiques.
En 2020, le ministère de la Transition Écologique et celui de l’Économie, des Finances et de la Relance ont chargé l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) et l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques, des Postes et de la Presse (Arcep), de mesurer l’empreinte environnementale des activités du numérique et identifier des leviers d’actions pour la réduire. Présentées à Bercy début mars, la situation et son évolution sont préoccupantes, compte tenu des pratiques galopantes du recours au numérique.
17,2 millions de tonnes de CO2
En 2020, on dénombrait, en France, 800 millions d’équipements pour des usages personnels et professionnels (télévisions, ordinateurs, smartphones, unités de stockage et petits objets connectés…). Ce qui correspondait à 2,5 % de l’empreinte carbone nationale. L’étude a également calculé que chaque personne vivant en France générait, pour ses seuls usages numériques, 300 kilogrammes de déchets par an.
La croissance très élevée de la consommation numérique présente des perspectives inquiétantes. Parmi les usages montrés du doigt, les « smart cities », alimentées par les « smart grids », entraînent une très forte augmentation de la consommation de données.
Enjeu écologique et énergétique : éco-conception et sobriété
Sans action particulière, l’empreinte carbone du secteur numérique pourrait presque tripler en 2050 et sa consommation d’énergie doubler. Mais des mesures d’adaptation sont susceptibles d’inverser la tendance. L’étude de l'Ademe en avance plusieurs. Comme le recours aux réparations. Car plus le renouvellement des équipements est fréquent, plus leur impact environnemental est important. Parmi les autres recommandations : éviter la gadgétisation, augmenter les performances des outils, limiter la multiplication des écrans dans les lieux publics, orienter la publicité vers des usages plus vertueux…
L’Ademe et l’Arcep recommandent aux ministères concernés de s’appuyer sur les territoires pour la mise en place de ces actions. Ils préconisent les Régions comme principales interlocutrices, dans l’optique des objectifs 2050 des accords de Paris.