Les 3 000 salariés de la Cera sont répartis entre le siège de Lyon, 280 agences, 8 Centres d’Affaires (dont Grands Comptes), une filiale suisse (la Banque du Léman) et des agences sectorielles toujours plus nombreuses.
Pixabay
En 2022, la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes (Cera) a vécu une nouvelle année de conquête et de croissance, entérinant un PNB en hausse. Les crédits aux entreprises ont bien progressé et la banque ne constate pas de pic de défaillances.
« L’économie est chahutée », note Michel Manent, président du Conseil d’orientation et de surveillance, « nous avons plus de masse salariale, plus de dépenses générales », constate quant à lui Alain Denizot, président du directoire « et pourtant les résultats sont bons », se félicite-t-il.
« Le produit net bancaire du groupe Caisse d’Epargne Rhône Alpes s’élève à 743,4 millions d’euros en hausse de 23,5 millions d’euros (+3,3 %) par rapport à 2021, indique Andrea Joss, mandataire en charge des Finances. La forte dynamique de l’activité commerciale, notamment les financements, les commissions d’ingénierie et bancaires ainsi que l’assurance non-vie, explique cette très belle performance ». La marge d’intermédiation est impactée par la forte remontée des taux de refinancement et un retour de l’inflation qui a renchéri le coût de l’épargne réglementée. Le résultat net ressort à 187,7 millions d’euros, en recul de 0,7 % par rapport à 2021.
3 milliards d'euros de crédits aux acteurs de l'économie
Dans le détail, le secteur du crédit s’est inscrit dans la dynamique de 2021 avec plus de 6,8 milliards d’euros de crédits accordés (6,5 Md€ en 2021) : 3,2 milliards d’euros de crédits immobiliers (environ 15.000 projets), 641 millions d’euros de crédits à la consommation (55.000 projets) et 3 milliards d’euros de crédits nouveaux aux acteurs de l’économie locale (2,6 Md€ en 2021). L’encours de crédits, hors activité financière, est porté à 32,4 milliards d’euros (+ 5,7 %).
Les excédents de collecte (hors compte à vue) s’établissent à 1,1 milliard d’euros (820 millions d’euros en 2021), portant ainsi les encours de collecte (y compris produits de hors-bilan et comptes à vue) à 49,3 milliards d’euros en fin d’année. Sans surprise, les plus fortes progressions sont constatées sur l’épargne réglementée : + 335 millions d’euros sur le livret A avec une poursuite du phénomène en ce début d’année (+ 13 % sur le T1).
Des recrutements sans formation bancaire préalable
Le développement du fonds de commerce de la Cera se poursuit avec un solde positif de mobilités bancaires : + 1 600 clients particuliers en 2022 (+48 % par rapport à 2021). L’activité assurances poursuit aussi son développement avec une progression de 3,3 % du stock de contrats assurance et prévoyance.
En 2022, la Cera a recruté 400 collaborateurs, dont 230 personnes sans formation bancaire via le nouveau parcours d’intégration « Premier élan ». Les 3.000 salariés sont répartis entre le siège de Lyon, 280 agences, 8 centres d’affaires (dont Grands Comptes), une filiale suisse (la Banque du Léman) et des agences sectorielles toujours plus nombreuses : Montagne, Innovation, Economie Sociale et Solidaire, Viticulture et maintenant Santé.
Petites incertitudes pour 2023
Pour l’année 2023, la direction de la Cera est plus circonspecte. La hausse du taux du livret A prend toute son ampleur (27 M€ de charge en 2021, 160 M€ en 2023 si le taux reste à 3 %) et il faudra répercuter son coût dans les marges d’intérêt ; la hausse des taux d’intérêt dans l’immobilier crée une paralysie du marché qui pourrait faire chuter des promoteurs (et perturber le logement social très friand des VEFA) tandis que la « dynamique des entreprises est très hétérogène » indique Didier Bruno. Quelques chaînes du retail sont en souffrance mais globalement, la Cera ne constate pas de défaillances massives. « Les entreprises qui innovent, qui ont une gouvernance solide et qui ont passé le covid sont quant à elles en plein développement », confirme Didier Bruno, qui estime que « l’industrie reste porteuse ».