Avec 338.000 m² de locaux d'activités placés en 2022, le marché est orienté à la baisse (-16 %).
A.R.
Si le marché des bureaux et celui des bâtiments logistiques ont connu une année 2022 particulièrement faste, celui des locaux d’activités est en recul. Faute de produits disponibles, les transactions ont tendance à sortir de la métropole lyonnaise.
« Elections, guerre en Ukraine, difficultés de recrutement et prix de l’énergie génèrent un immobilisme », estime Emmanuel Mazille, directeur général de Malsh Realty & Property, commentant les données du marché des locaux d’activités sur la Métropole de Lyon au nom de la FNAIM Entreprises. Avec 338.000 m² placés en 2022, ce marché est orienté à la baisse (-16 %). On ne peut pas parler de décrochage puisque la moyenne décennale est de 354.000 m², mais certains indicateurs tendent à monter que le visage de ce marché est en train de changer.
Peu de stock dans Lyon
Si le nombre de transactions a atteint un bon niveau avec 415 deals pour une moyenne décennale de 364, 38 % des transactions ont eu lieu à l’extérieur de Lyon. « On manque de foncier sur les première et deuxième couronnes et cela a deux conséquences, analyse Emmanuel Mazille. D’une part, on travaille sur des réhabilitations de friches. Et d’autre part, les entreprises ont tendance à s’exporter plus loin ». Cela contribue aussi à la diminution du stock qui atteint un niveau historiquement bas, avec seulement un an de commercialisation (340.000 m² dont 38 % de bâtiments neufs essentiellement situés sur la plaine de l’Ain).
Augmentation des prix
Cette tension génère une augmentation globale des prix. En cinq ans, le m² à louer dans l’ancien est passé de 53 à 69 euros HT. Dans le neuf, les prix sont stabilisés à 87 euros car « le stock date d’avant les augmentations de prix ». A la vente (36 % des deals en 2022), les prix augmentent de 17 à 18 %. Le neuf atteint 1.385 € le m² quand l’ancien tutoie les 1.087 €, soit le prix du neuf il y a quelques années. A noter que cette évolution n’est pas le seul fait de la ratification de l’offre. Elle est aussi le fait de sa tertiarisation. En effet, la proposition de bureaux à l’intérieur des locaux d’activités a tendance à augmenter.
Si les surfaces transactées sont de plus en plus petites, certaines opérations sont toutefois sorties du lot. Citons ABB (produits d’automatisation industrielle) à Chassieu sur 9.100 m², Maxxega (import-export) sur 6.500 m² à Saint-Quentin-Fallavier, Symatese (extraction et de transformation des biopolymères) sur 5.200 m² à Vourles, Frico (négoce de produits de régulation thermique) sur 5.100 m² à Civrieux, Sairem (fabricant de machines à micro-ondes) sur 5.000 m² à Décines, TER Rental (location de supports d’expédition ; 4.600 m² à Irigny) ou encore AZ Distribution (grossiste alimentaire ; 4.450 m² à Genas).