Hugues de Villard, président de la Fnaim Entreprises 38, et Stéphane Chaissé, président de la Fnaim de l'Isère, ont présenté la 22e étude de l'immobilier isérois de la structure.
Morgane Poulet
Après une année 2024 catastrophique pour le marché des bureaux, la Fnaim Entreprises de l’Isère constate une légère reprise du secteur en 2025 mais déplore un effondrement de l’investissement.
« Les bureaux avaient touché le fond en 2024, se remémore Hugues de Villard, président de la Fnaim Entreprises 38, au cours de la restitution de la 22e étude du syndicat concernant l’immobilier départemental. Mais en 2025, malgré une baisse des transactions, nous constatons un retour des grandes transactions avec notamment huit transactions de plus de 1 000 m2, donc nous revenons à un niveau normal ».
En effet, après une année 2024 difficile, en particulier en raison du télétravail qui rendait le besoin des entreprises en bureaux moins important, 2025 fait espérer à la Fnaim de l’Isère une reprise de ses activités.
Les bureaux reprennent du poil de la bête...
Par rapport à 2024, la barre se redresse en 2025 : la Fnaim de l’Isère comptabilise une progression de 29 % du marché des bureaux, avec 48 551 m2 placés. Néanmoins, il s'agirait davantage d'un rattrapage que du rebond durable. La demande dépasse tout de même la moyenne des trois dernières années avec 45 339 m2 mais reste inférieure à la moyenne décennale de 64 990 m2. Globalement, le stock continue de grandir et atteint désormais les 188 367 m2, soit près de quatre années de commercialisation. Environ 80 000 m2 sont vacants depuis plus de quatre ans, ce qui permet d’établir un taux de vacance à 7,5 %, au-dessus de la moyenne en région (6,1 %).
Les loyers, quant à eux, sont stables, excepté pour le neuf, où ils ont considérablement augmenté. « Nous étions à 175 € HT/m2/an auparavant, mais en 2025, nous atteignons les 210 € HT/m2/an », confie Hugues de Villard. Les immeubles récents attirent en effet davantage les entreprises « car ils sont plus économes, moins chers en entretien, ne sont pas soumis à des échéances proches concernant le décret tertiaire et constituent un bon argument pour faire venir des salariés sur site », ajoute le président de la Fnaim.
... Mais les investissements chutent
En revanche, les investissements chutent de manière historique, en 2025. Ils enregistrent même leur plus mauvaise performance depuis dix ans. L’an dernier, seuls 25 millions d’euros ont été engagés, contre une moyenne décennale de 107 millions d’euros, ce qui constitue une baisse des volumes de 76 %.
En cause, selon la Fnaim de l’Isère : un « retrait des institutionnels notamment du secteur du bureau, des exigences accrues des banques, des incertitudes fiscales et réglementaires : les investisseurs temporisent ». Conséquence, le taux de rendement prime en bureaux dépasse les 7 % à Grenoble.
Côté perspectives, Hugues de Villard estime que l’année 2026 devrait « s’inscrire dans une certaine continuité, avec une demande de bureaux, de locaux d’activité et de commerces proche de la moyenne ». Les investissements devraient quant à eux remonter. « À court terme, le marché grenoblois ne montre ni effondrement, ni véritable rebond. Il traverse une phase d’ajustement, où la qualité des actifs et la solidité des locataires deviennent les critères déterminants », conclut la Fnaim de l’Isère.