Sophie Jullian, présidente de la Satt Pulsalys.
Afin de faire émerger davantage de start-up deeptech issues de la recherche, l'État avait lancé l'appel à projets « Maturation - Pré-maturation », doté de 275 millions d'euros. 17 consortiums ont été retenus dont trois pilotés par Pulsalys (Lyon) et un par Linksium (Grenoble).
Lancé en 2019, le Plan deeptech* fixait l'objectif de faire naître 500 start-up par an d’ici à 2030. Dans le cadre de France 2030, le plan bénéficie de moyens nouveaux. En effet, une enveloppe de 275 millions d'euros est prévue dans l'appel à projets « Maturation - Pré-maturation » qui doit permettre d'« intensifier la chaîne d’accompagnement de projets d’innovation à fort potentiel, à accélérer leur transfert vers le monde socio-économique, au bénéfice des stratégies nationales d’accélération ».
Le réflexe de l’innovation derrière chaque découverte scientifique n’est pas encore systématique
Car, contrairement aux États-Unis, « le réflexe de l’innovation derrière chaque découverte scientifique n’est pas encore systématique, et le flux création de start-up issues de la recherche reste en retrait de son plein potentiel », explique l'État. À titre de comparaison, une entreprise est issue de la recherche tous les 51 millions de dollars de dépense académique aux États-Unis, contre 94 millions de dollars en France.
Maladies infectieuses, décarbonation de l'industrie et économie circulaire
L'appel à projets « Maturation - Pré-maturation » vient donc de dévoiler 17 consortiums retenus. Trois d'entre eux sont pilotés par la Satt Lyon Saint-Etienne Pulsalys (par ailleurs partenaire de dix autres consortiums). Le consortium Catriem, dont l'objectif est de prévenir et contrôler les maladies infectieuses émergentes, les menaces nucléaires radiologiques biologiques et chimiques, en lien avec des partenaires comme les HCL ; Cactus qui veut lutter contre le changement climatique par la décarbonation de l’industrie, avec des partenaires comme l'IFP Energies Nouvelles, l'Université Grenoble Alpes, etc. ; enfin, Circle qui entend amplifier le recyclage des plastiques, des matériaux composites, des textiles, des métaux stratégiques et des papiers/cartons.
De son côté, la Satt grenobloise Linksium est chef de file du projet Exatse qui vise à favoriser le développement d'une industrie française des nouvelles technologies de l'énergie, avec notamment le CEA et Clermont Auvergne Innovation, comme partenaires.
L'appel à projets vise à financer encore plus la prise de risque
Ces projets, dont le budget oscille entre 20 et 25 millions d'euros chacun, vont permettre « d'aider les chercheurs dans les labos, là où la prise de risque est plus importante, puis d'avoir un portefeuille de brevets plus importants », explique Sophie Jullian, présidente de la Satt Pulsalys. L'objectif est de lancer les premiers projets avant l'été.
Deux autres dispositifs nouveaux
À noter enfin que ce plan est complété par deux autres dispositifs : la mise en place de 25 pôles universitaires d’innovation (PUI), comme cela est déjà la cas pour l'Université Clermont Auvergne. 160 millions d'euros seront mobilisés pour maximiser le potentiel de valorisation et renforcer le flux d’innovation ; et enfin la création de la bourse French Tech Lab, dotée de 20 millions d’euros en 2023. Gérée par Bpifrance, elle sera distribuée sous forme de subventions à des projets de création start-up deeptech issus de laboratoires de la recherche.
* Selon l'Etat, le nombre de start-up Deeptech créées chaque année a augmenté de plus de 50 % entre 2019 et 2021, passant de 165 à 250. On dénombre aujourd’hui 2 500 start-up deeptech en France.