À l’occasion de la sortie du tome V de son hors-série « Les Champions de la Montagne », Bref Eco a organisé le 29 janvier, dans les locaux de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes à Lyon, une matinale des dirigeants sur le thème « Montagne durable : nouveaux leviers ; nouveaux enjeux ». Didier Bruno (Caisse d’Epargne Rhône Alpes), Grégory Sion (Pierre & Vacances), Fabien Felli (Poma) et Clément Colin (ALTTA) ont partagé leurs visions et surtout les leviers d’actions face aux transitions climatiques, économiques et sociales, qui poussent la montagne à se réinventer.

 

Face au changement climatique, la montagne n’a plus le luxe de l’attentisme. Premiers exposés aux effets du réchauffement, les territoires alpins sont devenus des laboratoires d’adaptation. Une transformation profonde qui mobilise les exploitants de domaines skiables, les opérateurs touristiques, les industriels et les financeurs. Pour Clément Colin, directeur général d’ALTTA, la société publique locale qui assurera, à compter du 1er juin 2026, la gestion des domaines de Tignes et Sainte-Foy-Tarentaise, l’enjeu dépasse largement la seule question touristique. « Tignes a la particularité d’être une station-village. Il faut maintenir et renforcer des conditions de vie à l’année satisfaisantes et attractives », insiste-t-il. Si la station affiche aujourd’hui de solides performances, l’objectif est clair : faire durer ce modèle. « Tignes fonctionne très bien, il faut faire en sorte que cela tienne dans le temps, voire renforcer cette attractivité ». Une dynamique déjà engagée côté diversification, avec un été en forte progression : « Nos très belles surperformances en hiver nous permettent d’être ambitieux l’été ».

Même constat chez les industriels. « Les domaines skiables sont les premiers impactés par le réchauffement climatique. Cela nous pousse à innover », rappelle Fabien Felli, président de Poma, acteur mondial du transport par câble qui réalise 30 à 40 % de son chiffre d’affaires avec la montagne française. Si les stations françaises sont aujourd’hui davantage challengées que leurs homologues américaines ou européennes, cette contrainte devient un moteur.

Du côté des opérateurs touristiques, Grégory Sion, directeur général de Pierre & Vacances, appelle à tirer parti d’une conjoncture encore favorable. « L’hiver dernier a été exceptionnel, cette année est encore plus exceptionnelle. Nous marchons très bien, notamment auprès des clientèles étrangères ». Une fenêtre d’opportunité à mettre à profit pour préparer l’avenir. « Il faut profiter de cette période pour investir, car nous allons être impactés ». Priorité est donnée à la rénovation : « Traiter les passoires thermiques, rénover les bâtiments, proposer des hébergements de qualité et respectueux de l’environnement ».

Un ensemble de considérations qui donne aux banques un rôle clé. « Dans la montagne, les acteurs bougent beaucoup », constate Didier Bruno, directeur du développement de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes. Plus que financeur, l’établissement se positionne comme un facilitateur. « Il faut travailler en architecture ouverte, aller chercher des compétences. Notre rôle de banquier, c’est d’être des ensembliers ». Et de lever une idée reçue : « Ce n’est pas un problème de financement. Les banques sont solides et peuvent accompagner les acteurs de la montagne. Notre rôle, c’est d’aligner les intérêts ».  II C.D.

|| C.D.

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