À la barre de l’entreprise Nigay actuellement : les 5e et 6e générations !
Nigay
A l’occasion de la parution du tome VII de notre hors-série « Les Champions de l’industrie : s’adapter pour gagner », Bref Eco vous propose toute la semaine une sélection d’articles issus de ce numéro. Nous poursuivons notre série avec Nigay. Sur une décennie, le champion ligérien des caramels aromatiques et colorants aura investi près d’une centaine de millions d’euros pour le développement de ses activités, principalement dans la Loire et le Nord de la France.
L’essentiel
L’accélération de la croissance de Nigay positionne désormais cette ETI familiale parmi les grands industriels de l’agroalimentaire d’Auvergne-Rhône-Alpes. Une évolution qui ne pourra qu’être confirmée par ses importants investissements en cours et à venir, pour l’essentiel en France, mais aussi en Inde. Concernant l’Hexagone, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a visité le 11 février dernier les installations industrielles de Feurs, la ville du centre de la Loire où l’entreprise, lauréate de Choose France en novembre dernier, a débuté son activité voici 171 ans. L’occasion pour ses dirigeants de lui indiquer que les aides de l’État ne sont « pas suffisamment fléchées vers les entreprises agroalimentaires », en dehors du Crédit impôt recherche (CIR).
À l’issue de l’ultime extension possible pour ce site industriel désormais enserré dans le tissu urbain, le groupe y augmentera une nouvelle fois ses capacités de production et de logistique. Tout en optimisant les flux actuels, afin d’améliorer sa productivité sur un marché où Nigay est confronté à des géants de l’industrie agroalimentaire, aussi bien du côté de ses clients, notamment les grands producteurs de soda, que chez ses concurrents tels que l’américain Sethness, présenté comme le leader mondial des colorants caramel pour l’alimentation et la boisson, que Roquette, le spécialiste français de l’amidon, a mis en vente l’an dernier sept ans après son rachat.
Un programme de 45 millions d’investissements à Feurs
Sur son site historique, Nigay a démarré en 2025 un programme de 45 millions d’euros d’investissements qui s’étirera sur sept à dix ans. Il comprend notamment la construction d’un nouvel atelier de 4 000 m² dédié aux éclats de caramel, qui s’ajoutera à celle d’un « hangar de 3 000 m² surmonté de panneaux solaires photovoltaïques » qui doit être édifié cette année, selon la direction de l’entreprise. Produits de façon artisanale depuis le début des années 2000, puis industrielle voici une dizaine d’années, les éclats ont vu leurs débouchés se multiplier parmi les aliments sucrés tels que les glaces, les yaourts, les biscuits ou les chocolats.
Des caramels exportés dans le monde entier
Commercialisés également sous forme de poudre, de pâte, de liquide, « en offrant la bonne dégoulinabilité s’agissant par exemple de flans bien connus », souligne fièrement Henri Nigay, faisant référence évidemment à la célèbre marque Flanby, les caramels ligériens exportés dans le monde entier sont vecteurs de goût ou de coloration. Y compris pour des boissons (bières, spiritueux, colas) ou des sauces. Et la tendance est à l’augmentation du nombre d’utilisateurs de produits fabriqués par Nigay, qu’il s’agisse d’industriels de l’alimentaire ou bien d’artisans boulangers ou chocolatiers, grâce à l’évolution en cours en faveur d’une texture de plus en plus mixée de l’alimentation.
Une ETI familiale de 380 personnes
Le groupe familial compte 380 personnes, pour l’essentiel basées à Feurs. Atteignant un chiffre d’affaires de près de 150 millions d’euros, aux trois quarts réalisés à l’export, il a choisi d’investir fortement pour accroître ses capacités de production. Une stratégie amorcée durant la précédente décennie, avec une première implantation en 2020 dans les Hauts-de-France : à Nesle (Somme), à proximité immédiate d’une glucoserie de Tereos, son fournisseur d’amidon issu de betteraves, à qui elle est reliée par un « pipe ». Une troisième ligne de production entre en service au 1er trimestre 2026 dans cette usine où plus de 20 millions ont déjà été investis.

Nigay va ouvrir un troisième site français à Saint-Quentin (Aisne).
Un troisième site en France fin 2028
La construction d’un troisième site industriel doit démarrer au second semestre de cette année à Saint-Quentin (Aisne). Avec à la clé un investissement d’une trentaine de millions d’euros et autant d’emplois créés une fois mis en service, fin 2028.
L’implantation géographique des usines de la Somme et de l’Aisne obéit à la volonté de les rapprocher des principaux sites de production des matières premières (sirop de glucose à base de blé et de maïs et sucre de betterave) qui entrent dans le process de fabrication du caramel. Ainsi que des grands ports du nord de la France et du Bénélux, que le futur canal Seine Nord-Europe doit, à terme, relier à la région parisienne.
Le groupe était au départ une féculerie qui, au siècle dernier, a étendu son activité à la production de sirop de glucose. Dans les années soixante-dix, François Nigay l’a réorienté à partir de l’acquisition de la société parisienne Mombron et Bon, spécialisée dans les caramels aromatiques et colorants. À partir des années quatre-vingt, Henri Nigay et son frère Yves se sont respectivement consacrés à étendre la gamme de produits (environ 450 références) pour l’un et à leur commercialisation sur tous les continents pour l’autre. Le début de l’année 2026 a été marqué par le départ à la retraite d’Henri Nigay, qui a apporté à l’entreprise ses compétences d’ingénieur chimiste, et la prise de responsabilités accrues pour Agnès, Vincent et Thomas Nigay, représentants de la sixième génération. Fin 2021, un recentrage du capital de l’entreprise a été opéré, via le pacte Duteil, au profit de ces actionnaires actifs qui vont être étroitement associés à l’internationalisation de l’entreprise forézienne.
Une usine en Inde fin 2027
L’ETI familiale, qui fait de l’innovation une des recettes de son succès, a prévu un doublement de son budget R&D d’ici 2030. Elle a en outre officialisé le 29 janvier la création d’une joint-venture avec le groupe indien Savaji. Détenu par la famille Mehta, ce dernier est spécialisé depuis 1941 dans la transformation du maïs en amidon, un épaississant qui entre dans la composition du sirop de glucose. « Ensemble, nous allons construire une usine de caramel de dernière génération à Ahmedabad (État du Gujarat), destinée à servir l’Inde, le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est pour y rendre le produit accessible à ces marchés en forte expansion (…). C’est un pays où les coûts de production sont plus intéressants. Cela nous permettra d’être plus compétitifs », annoncent les dirigeants français à propos de cette unité de production qui doit voir le jour fin 2027 dans l’ouest de l’Inde.
Nigay
Siège : Feurs (Loire)
Président : Yves Nigay
La 6e génération arrive aux commandes: Agnès, Vincent et Thomas Nigay.
CA : près de 150 M€
Effectif : 380 personnes
Cet article est issu de notre hors-série « Les champions de l'Industrie, à retrouver ici.