Si l'OL, actuellement 4e du championnat, connaît une belle année sur le plan sportif, sa maison-mère, Eagle Football Group, reste fragilisée financièrement.
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Eagle Football Groupe (ex-OL Groupe) vient de publier ses comptes semestriels. Sur les six derniers mois de 2025, il a encaissé des pertes de 186,5 millions d’euros. Des pertes héritées de l'ère Textor, selon le groupe dirigé depuis l'été 2025 par Michèle Kang. La vente de joueurs et la politique de réduction de charges menée tambour battant par cette dernière permet cependant au groupe de s’en tirer avec un excédent brut d’exploitation presque à l’équilibre et un chiffre d’affaires en hausse de 3 %.
Alors que l’OL vient de quitter le podium de la Ligue 1 suite à sa défaite 2-1, dimanche, contre Toulouse, Eagle Football Group, la holding organisée autour l’Olympique lyonnais, vient de publier ses comptes pour le 1er semestre de l’exercice 2025-2026 (du 1er juillet au 31 décembre 2026). Et ceux-ci sont encore largement dans le rouge, puisque, avec -186,5 millions d’euros, le résultat net est encore plus mauvais qu’il y a un an (–117 millions d’euros au 1er semestre 2024-2025). À noter que cet arrêté des comptes intervient dans un contexte « complexe » pour le groupe, puisqu’Eagle Bidco, son actionnaire majoritaire, vient d’être placé en administration judiciaire au Royaume-Uni.
L’ombre des manœuvres financières de John Textor
Selon le groupe, ces pertes abyssales seraient largement dues aux manœuvres de John Textor, l’ancien président du club poussé vers la sortie en juin 2025, et remplacé par Michele Kang. En effet, le groupe explique avoir « découvert que des tiers se prévalaient de garanties prétendument consenties par la société ou sa filiale OL SASU, signée par l’ancien dirigeant John Textor, pour couvrir des obligations prises par les clubs Botafogo et Molenbeek (détenus par Eagle Bidco et liés à John Textor) qui n’étaient pas connues du groupe ». En gros, l’argent de l’OL aurait servi à couvrir les impayés d’autres clubs détenus par la structure de John Textor, sans que le groupe ne soit tenu au courant.
Le résultat opérationnel est logiquement dans le rouge : - 163,7 millions d’euros contre – 90,5 millions d’euros en N-1. Le groupe explique cependant que « sans les dépréciations de créances », il « s’élèverait à -37,5 millions d’euros ». Le résultat financier est quasi stable (- 21,80 M€ contre – 21,60 M€).
Un chiffre d’affaires en hausse grâce à la cession de joueurs
En revanche, le chiffre d’affaires du groupe, qui s’élève à 121,3 millions d’euros, affiche une hausse de 3 % par rapport au 1er semestre de l’exercice 2024-2025. Cette progression s’explique principalement par la cession de joueurs, qui a rapporté 45,3 millions d’euros (soit 30 % de plus qu’il y a un an), mais aussi par une hausse des revenus issus de la billetterie (+ 25 %).
Cependant, les revenus issus des droits télé et du marketing chutent (- 15 %, à 22,8 M€), tout comme ceux provenant des événements, qui passent de 10,7 millions d’euros à 3,5 millions d’euros. Il faut dire que l’année dernière avait été marquée par des matches organisés dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris au Groupama Stadium alors que l'activité événementielle du 2e semestre 2025 s'est résumée à un concert d'Imagine Dragons en juillet.
L'EBE presque à l'équilibre
Au rayon des bonnes nouvelles, l’excédent brut d’exploitation (EBE) semestriel s’améliore sensiblement, passant de - 46,1 millions d’euros en N-1 à – 2,2 millions d’euros. Et ce grâce à la diminution des charges externes, la baisse des frais de personnel et le plan de départ volontaire mis en œuvre au 1er semestre 2025. Une baisse des coûts saluée par la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion), le gendarme financier du football français, qui avait, dans un premier temps, condamné le club à une relégation en Ligue 2 avant de faire marche arrière en juillet dernier.
Si, aujourd'hui, l’OL voit encore rouge, ce bilan semestriel fait état de plusieurs points positifs. Reste à espérer que le club se qualifie pour la Ligue des Champions, manne financière pour les clubs.