LA SEPR a formé plus de 3 200 jeunes en 2025.
Antoine Tardy
Baisse du nombre d’apprenants, coupes des aides à l’apprentissage, contexte économique fragile… La vénérable SEPR, acteur historique de la formation professionnelle dans la région, est en souffrance. Déficitaire, elle lance un projet de redressement sur deux ans.
Les temps sont durs pour le monde de l’apprentissage en général, et pour la SEPR (Société d'enseignement professionnel du Rhône) en particulier. L’école des métiers (voir encadré), créée à Lyon il y a plus de 160 ans et reconnue d'utilité publique, a enregistré, en 2025, une deuxième année déficitaire. Et voit son nombre d’apprenants (apprentis, élèves lycéens et étudiants) chuter, passant de 4 219, en 2023, à 3 205, en 2025. À noter qu’au niveau national, le nombre de contrats d’apprentissage a baissé de 14 % entre janvier 2024 et janvier 2025, selon la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).
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C'est le nombre d'apprenants en moins entre 2023 et 2025.
Comment en est-on arrivé là ? Plusieurs facteurs expliquent cette situation délicate. Il y a, tout d’abord, une forte baisse du financement de l’apprentissage. « La NPEC (niveau de prise en charge), fixé par les OPCO (opérateurs de compétences), a baissé de 7,2 % entre 2022 et 2025 », explique Xavier Hunot, directeur général de la SEPR. Avec des filières qui souffrent particulièrement. Par exemple, « pour les métiers du bois et de l’ameublement, la NPEC a baissé de plus de 31 %. Pour la mode, c’est 13,6 % », illustre-t-il.
Par ailleurs, les aides à l’embauche pour les entreprises ont également subi un sacré coup de rabot. Depuis février 2025, l'aide unique aux employeurs est passée de 6 000 euros par apprenti à 5 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés, et à 2 000 euros pour les entreprises de plus de 250 salariés. Et depuis le 1er janvier 2026, l’aide a carrément été supprimée pour les entreprises de plus de 250 salariés.
À cette volonté des pouvoirs publics de réduire le coût de l’apprentissage, s’ajoutent un contexte économique fragile et une démographie défavorable : les jeunes en âge d’être apprentis font partie de générations moins nombreuses.
Réduire la dépendance à l'apprentissage
Pour faire face à ses difficultés financières, la SEPR s’est lancée, en 2025, dans un projet de restructuration dans lequel « on travaille à sauver les emplois et pérenniser les formations », indique Xavier Hunot. Un dialogue social est en cours. Le plan s’étale sur deux ans, et a pour objectif de retrouver l’équilibre, puis de rebondir.
Aujourd’hui, la SEPR souhaite réduire sa dépendance à l’apprentissage, qui représente 85 % de son chiffre d’affaires. Et parmi les pistes envisagées, il y a la diversification des revenus avec, notamment, la mise en location des bâtiments vacants et le développement de nouvelles offres, comme par exemple des formations courtes s’intégrant à la formation continue. Et puis la SEPR va s'atteler à l’optimisation de son organisation et de ses coûts de fonctionnement.
La SEPR en chiffres
1878 : date de création
Plus de 100 formations, dans 20 secteurs d’activité : art floral, coiffure, automobile, optique, etc.
3 205 apprenants
2 CFA (centre de formation des apprentis), à Lyon et Annonay, 1 lycée labellisé « Métiers d’art et de l’image » et 1 pôle de formation continue
227 salariés et 80 agents de l’Etat