L’entreprise vient d’inaugurer son nouveau siège social, un investissement de 4 millions d’euros.
Croissance de l'activité, nouveaux locaux et record de recrutement d'apprentis : les entreprises de restauration des bâtiments Louis Geneste et Maurice Nailler, regroupées en 2006, ont le vent en poupe !
En 2023, les compagnons de l’entreprise Maurice Nailler (couverture et charpente) travailleront à la restauration des flèches, des abat-sons et des coursives de la cathédrale de Clermont-Ferrand. « Un clin d’œil : en 1866, c’est déjà un Geneste, François, qui a participé à la construction de ces flèches et de la rosace, sous la direction de Viollet-le-Duc », relève Stéphane Raffault, cogérant depuis 2019 des entreprises Louis Geneste et Maurice Nailler, regroupées en 2006.
Pendant cinq générations, jusqu’en 2005, les Geneste se sont succédé à la tête de l’entreprise, transmettant leurs savoir-faire en taille de la pierre et en maçonnerie. Une tradition qui perdure : « La formation des compagnons se fait surtout en interne et dure entre cinq et sept ans », souligne le dirigeant qui vient de battre un record en accueillant 18 apprentis dans les différents métiers des deux entreprises : tailleur de pierre, maçon, charpentier et couvreur (avec pour ce dernier une spécialisation rare dans la lauze). « Les recrutements sont difficiles mais, avec le travail sur les monuments historiques, nous sommes privilégiés car nous donnons envie. »
Nous entrons dans une phase de consolidation et de réorganisation
En 2007, l’entreprise, qui travaillait à 95 % dans la restauration de monuments historiques (dépendante de fonds publics), a pris un « grand virage » en s’orientant vers le privé. Aujourd’hui, ses dirigeants mettent en avant un « triple équilibre » : 60 % de maîtres d’ouvrage publics et 40 % de clients privés ; 60 % de maçonnerie-taille de pierre et 40 % de charpente-couverture ; parité entre la province (principalement l’Auvergne) et Paris. Un équilibre qui explique certainement la forte croissance du groupe dont le chiffre d’affaires a doublé entre 2017 et 2021. L'ensemble devrait réaliser cette année un chiffre d'affaires de 23 millions d'euros avec un effectif de 150 personnes.
« Nous entrons dans une phase de consolidation et de réorganisation », annonce par ailleurs Stéphane Raffault qui vient d’inaugurer un nouveau siège social où sont regroupés les stocks de matériaux et les ateliers jusque-là dispersés (4 millions d’euros investis avec le soutien de France Relance). Ateliers « les plus fonctionnels et les plus agréables possibles » qui abritent des machines à commande numérique. Mais le travail à la main demeure et c’est lui qui fait la force de ces entités labellisées toutes les deux Entreprises du patrimoine vivant (EPV, label d’État).
Cet article a été publié dans le numéro 2515 de Bref Eco.