Alban Razia (BFM Lyon) et Ondine Suavet (Mylight150), sur le plateau de BFM Lyon.
Chaque mardi, en direct à 18 h 45 puis en replay, Bref Eco s’invite chez BFM Lyon pour l'émission Focus Eco, le rendez-vous de l'économie lyonnaise. Cette semaine, nous recevons Ondine Suavet, présidente de Mylight150, qui évoque le marché du photovoltaïque, son offre de fourniture d’énergie et sa fameuse batterie virtuelle.
Créée en 2014 par Ondine Suavet et son frère Virgile, la société lyonnaise Mylight150 change petit à petit de modèle économique. Alors qu’elle vendait au départ des panneaux solaires via des installateurs, elle est devenue fournisseur d’électricité et a développé, au fil du temps, un ensemble de solutions pour optimiser l’autoconsommation et économiser de manière spectaculaire sur sa facture électrique.
Ainsi, la société a-t-elle tendance maintenant à proposer ses solutions indépendamment des panneaux dont le marché est parfois erratique. « L’installation de panneaux solaires chez les particuliers est majoritairement influencée par le prix de l’électricité et l’année dernière, il a baissé, ce qui est une bonne nouvelle pour les Français. Néanmoins, cela les incite à moins s’équiper donc il y a eu une légère baisse de marché », explique Ondine Suavet. Selon Enedis, la baisse est plutôt forte puisque la puissance raccordée a chuté de 35 % sur les neuf premiers mois de l’année.
S’équiper est beaucoup plus rentable qu’avant 2025
« En revanche, en parallèle de cette baisse du prix de l’électricité, il y a eu une énorme baisse du prix des panneaux photovoltaïques. Donc s’équiper est beaucoup plus rentable qu’avant 2025 ! Et il ne faut surtout pas arrêter de s’équiper car on a toujours besoin de plus d’électricité sachant que deux tiers de notre énergie est fossile, ce qui participe à nos émissions de CO2 et à notre dépendance », poursuit Ondine Suavet.
Mettre en adéquation production et consommation
Dans l’objectif d’abaisser la facture CO2, les pouvoirs publics ont d’ailleurs créé une TVA à 5,5 % pour les panneaux « bas carbone », qui doivent par ailleurs être accompagnés d’un système de gestion de l’énergie.
Un bon plan pour Mylight150 ? Pas sur les panneaux, puisque 99 % d’entre eux sont actuellement exclus mais sur le principe de la gestion d’énergie, la patronne de Mylight150 souligne que c’est bien là que se situe le futur de l’autoconsommation : mettre en cohérence production et consommation. « Pour cela, on transforme les maisons en maisons intelligentes », détaille Ondine Suavet. « On va piloter la consommation pour qu’elle ait lieu quand il y a du soleil », via un boîtier électronique qui va s’occuper notamment du chauffe-eau, du véhicule électrique (30 % de la consommation) et de la pompe à chaleur (50 % de la consommation).
Une « cagnotte » et une batterie virtuelle pour réduire la facture
Cela permet d’abord de consommer sa propre énergie. Mais comme Mylight150 est aussi fournisseur d’électricité, cela va plus loin : l’énergie consommée (au-delà de l’autoconsommation) en période creuse étant moins chère, la société crédite à son client une partie des gains qu’elle réalise.
Troisième étage de la fusée, la plus spectaculaire : la « batterie virtuelle ». Quand il y a une surproduction, l’électricité est envoyée sur le réseau et comptabilisée pour ensuite la décompter de l’électricité soutirée au moment de la consommation.
L’ensemble de ces dispositifs permettrait d’économiser « 1 500 euros en moyenne par an », selon Ondine Suavet, « plus 500 euros de cagnotte ».
Une avancée progressive à l'étranger
Toutes ces subtilités ont été conçues en interne. Et c’est d’ailleurs pour financer la R&D que Mylight avait levé 100 millions d’euros en 2023, afin de recruter des ingénieurs et tenir le choc en attendant d’en récolter les fruits. Cet argent a aussi permis un développement international. Mylight150 est présent en Roumanie, en Suisse et en Espagne. « Là aussi, il faut de la patience. C’est avant tout de l’investissement avant d’être du revenu ». Enfin, Mylight150 a dû dépenser en marketing et communication pour faire savoir qu’elle était fournisseur d’énergie.
Focus Eco
Issue d'un partenariat entre BFM Lyon et Bref Eco, l'émission Focus Eco est à retrouver en direct sur la chaîne BFM Lyon (canal 30 de la TNT, chaîne 479 sur la box SFR, chaîne 315 sur la box Bouygues et chaîne 915 sur la box Free) et en replay sur le site Web de BFM Lyon.