Le siège d'Interpol est implanté à Lyon depuis 1989.
A. Desfève
C’est officiel, le siège d’Interpol va rester à Lyon. 61,2 millions d’euros vont être investis dans l’extension du siège de l’organisation internationale de lutte contre la criminalité. Un chantier XXL, financé par l’État et les collectivités locales, qui ont signé une convention de partenariat jeudi.
Implanté depuis 1989 à Lyon, dans le 6e arrondissement, le siège d’Interpol ne va pas déménager. Mieux, il va être rénové et agrandi. Conçu pour accueillir 350 agents, il en abrite près de 1 000 aujourd’hui. Aussi, jeudi 5 février, Interpol et les autorités régionales et nationales françaises ont signé un accord de partenariat sur un projet immobilier global.
Lucas Philippe, président d'Interpol, Valcedy Urquiza, secrétaire général d’Interpol, Fabienne Buccio, préfète, Bruno Bernard, président de la Métropole et Grégory Doucet, maire de la Ville de Lyon, lors de la signature de la convention de partenariat. Photo A.D.
Un terrain cédé par la Ville de Lyon pour 1 euro symbolique
Concrètement, la Ville de Lyon a cédé à Interpol, pour un euro symbolique, une parcelle de terrain évaluée à 15,84 millions d’euros et située à proximité du bâtiment actuel. C'est sur cette parcelle que sera réalisée l'extension qui représente un investissement de 61,2 millions d’euros. L’État assure près des deux tiers du coût, avec une contribution de 43,2 millions d’euros alors que la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon apportent chacune 9 millions d’euros. « Au-delà des montants, cet effort traduit une volonté et une ambition : celle de donner à Interpol, à ses forces vives, les moyens d’agir efficacement », a expliqué Fabienne Buccio, préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes et du Rhône.
Parallèlement à ce projet d’agrandissement, Interpol investira 30 millions d’euros dans la modernisation du bâtiment actuel de son siège.
C'est sur ce terrain, cédé par la Ville de Lyon à Interpol, que sera réalisée l'extension. Photo A.D.
Ouverture espérée en 2031
L’État versera, avant la fin de l’année, une avance de 4,3 millions d’euros à Interpol. L’organisation internationale, de son côté, lancera en janvier un appel d’offres pour un marché global de performance. L’ouverture de l’extension devrait se concrétiser en 2031.
Pour Valcedy Urquiza, secrétaire général d’Interpol, la décision de conserver le siège de son organisation à Lyon s'explique « par un environnement unique au carrefour de l’Europe, alliant une gouvernance locale forte, un pôle d’excellence académique et d’innovation, ainsi qu’un rayonnement international fort ».

Les officiels dans le hall du siège d'Interpol. Conçu pour accueillir 350 agents, ce dernier est devenu trop étroit puisque près de 1 000 personnes y travaillent aujourd'hui. Photo A.D.
Lyon devient la capitale mondiale de la sécurité
« Lyon est en train de devenir la capitale mondiale de la sécurité et de l’expertise policière », a affirmé, de son côté, Fabienne Buccio. Référence notamment au Hub des Sécurités qui se développe a Ecully, et qui accueille par exemple l’Ecole nationale de police scientifique
La présence de l’organisation internationale est également une bonne nouvelle pour la région : près des trois quarts des dépenses annuelles d’Interpol, estimée, en 2024, à 162 millions d’euros, sont réalisées en France, dont 90 % sont injectés dans l’économie lyonnaise.
Interpol en bref
Interpol, l’« Organisation internationale de police criminelle » compte 196 pays membres. Elle favorise la collaboration entre les autorités de police pour lutter contre le terrorisme, la cybercriminalité, la criminalité organisée et les nouvelles formes de criminalité et la criminalité financière et la corruption.
Outre son siège social basé à Lyon, Interpol dispose :