Avant de partir, Philippe Eyraud va accompagner quelques mois le nouveau DG, qu'il a participé à recruter, qu'il connaît et qui sera nommé la semaine prochaine
A.R.
Le patron de la société de Dardilly, qui fabrique des agitateurs industriels, passe la main. Il revend son entreprise au groupe GMM Pfaudler.
Dans quelques mois, Philippe Eyraud se consacrera exclusivement à sa passion : les voitures anciennes. Mais avant de bricoler ses De La Chapelle, DS ou Triumph TR7, il épaulera son successeur et le groupe qui a racheté son entreprise. L’ancien conseiller du commerce extérieur, qui a implanté sa société d’agitateurs industriels en Chine en 2005, a revendu son « bébé » à un groupe qui va pouvoir accélérer bien plus fort qu'il n’aurait pu le faire lui-même.
Mixel rejoint un groupe de belle taille
Ce groupe s’appelle GMM Pfaudler. Il est basé en Allemagne mais son capital est indien depuis peu (une partie détenue par une famille indienne, une partie en bourse). Fondé en 1884, GMM Pfaudler évolue sur le marché de la fourniture d’équipements, de systèmes et de services aux industries chimiques et pharmaceutiques. Il conçoit, fabrique et installe des équipements résistants à la corrosion ainsi que des unités industrielles complètes de génie chimique. Avec 1 800 collaborateurs, le groupe réalise 340 M$ de chiffre d’affaires et dispose de 15 sites de fabrication dans le monde. « Le groupe va créer une business unit centrée sur Mixel au niveau mondial », se félicite Philippe Eyraud. « L’objectif sera d’en faire l’un des trois grands groupes mondiaux du mixing grâce à l’avance technologique et numérique de Mixel. C’est un bel avenir qui s’annonce avec des embauches pour le bureau d’études et le commercial et sans doute un agrandissement ».
Prise de commandes record pour 2023
Philippe Eyraud indique prendre sa retraite le cœur léger grâce à la stratégie industrielle du repreneur avec lequel il est en réalité en pourparlers depuis plusieurs années. « Je cherchais un vrai porte-avions, une entreprise mondiale qui ne dépèce pas ses acquisitions » indique encore le patron de cette entreprise qui affiche pour 2022 un chiffre d’affaires d’environ 15 millions d’euros dont 10 millions pour son entité française, sur des marchés cependant largement internationaux. « 2022 a été un peu difficile mais nous avons enregistré en revanche un record de prise de commandes avec plus de 20 millions d’euros ! Nous avons même une affaire à 2,3 millions pour 2023 ! », se félicite-t-il.
La Chine nous place parmi les cinq meilleurs au monde
Cette réussite, il l’attribue à l’accélération de la stratégie internationale qu’il a pu mettre en place grâce à l’arrivée au capital en 2017 du fonds FRI géré par Siparex (qui revend donc aussi ses parts). « C’est cette réussite qui fait que nous sommes aujourd’hui rachetés par des Allemands et que la Chine nous place parmi les cinq meilleurs au monde. Nous ne sommes pas les plus gros mais nous sommes présents dans plus de cent pays », fait-il remarquer.
Le nouveau propriétaire devrait poursuivre dans une voie chère à Philippe Eyraud : maintenir la conception de tous les agitateurs au siège de Mixel, à Dardilly dans la Métropole lyonnaise.