Teddy Rinner est venu visiter l'usine ASF 4.0 à Ardoix, en Ardèche, aux côtés de Lucile et Gilles Réguillon, ses dirigeants.
C.Delisle
A l’occasion de la parution du tome VII de notre hors-série « Les Champions de l’industrie : s’adapter pour gagner », Bref Eco vous propose toute la semaine une sélection d’articles issus de ce numéro. Pour ouvrir la série, focus sur ASF 4.0 : quatre ans après l’inauguration de son unité de production automatisée de chaussures de sport à Ardoix (Ardèche), la filiale de Chamatex prépare déjà une nouvelle étape avec l’ouverture d’une seconde usine au Portugal. Un projet de 15 millions d’euros, dimensionné pour produire 500 000 paires par an dès son lancement.
L’essentiel
- ASF 4.0, filiale de Chamatex, a validé en Ardèche un modèle automatisé de production de chaussures de sport désormais prêt à être dupliqué en Europe.
- Une nouvelle usine de 15 M€ ouvrira en 2026 au Portugal avec un objectif de 500 000 paires par an au démarrage.
- Le projet vise 1,5 million de paires à horizon 2030 tout en réduisant de 50 % l’empreinte carbone grâce à une production européenne.
- Le financement s’appuie sur une levée de fonds incluant notamment Carlos Tavares et Teddy Riner.
« Nous partons conquérir le marché européen ! » Voilà, en substance, le nouveau défi de Gilles Réguillon, CEO de Chamatex, fabricant de tissus techniques, à l’origine d’ASF 4.0, cette usine automatisée de fabrication de chaussures de sport basée à Ardoix, en Ardèche, à côté du siège de Chamatex. Créée en partenariat avec les marques partenaires Salomon, Babolat, Millet et l’agence d’innovation Groupe Zebra - actionnaires historiques d’ASF 4.0 - l’usine fabrique depuis quatre ans plus de 150 000 paires par an.
Ce modèle d’usine optimisée est maintenant duplicable, permettant ainsi le passage à l’échelle européenne.
Grâce à un process automatisé unique au monde, ASF 4.0 a atteint la maturité industrielle. « Ce modèle d’usine optimisée est maintenant duplicable, permettant ainsi le passage à l’échelle européenne. Il faut désormais augmenter nos volumes pour amortir nos frais », explique Gilles Réguillon. L’entrepreneur a jeté son dévolu sur une usine située au nord de Porto, un pays industriel fort avec une culture du footwear ancrée et une main-d’œuvre qualifiée. « L’usine et ses process automatisés sont en cours de finalisation, les recrutements ont démarré, et les préséries sont programmées pour juillet 2026 pour un démarrage de la production en août », annonce Gilles Réguillon.
Une levée de fonds en cours
Pour financer ce projet à 15 millions d’euros, Chamatex a réalisé une augmentation de capital de 7 millions d’euros (lire encadré). « Une deuxième levée est en cours pour trouver entre 2 et 5 millions d’euros supplémentaires », précise l’entrepreneur.
Sur le site ASF 4.0 Portugal, deux lignes de production seront installées et 210 emplois créés : « L’objectif est de produire 500 000 paires par an au démarrage, correspondant à 20 millions de chiffre d’affaires ». Les premières productions mi-2026 seront destinées à Salomon. D’autres marques internationales reconnues devraient suivre à partir de 2027.
Réduire l’empreinte carbone des chaussures de sport
Deux phases d’extension sont ensuite programmées en 2028 et 2030 pour atteindre un total de 1,5 million de paires par an, avec, cette fois, près de 600 personnes sur le site. Une production made in Europe - les semelles seront fabriquées au Portugal par une partenaire - qui permettra de réduire de 50 % l’empreinte carbone des chaussures de sport. « Nous voulons prouver que produire en France et en Europe est possible, compétitif et scalable », martèle Gilles Réguillon. En parallèle, l’usine d’ASF 4.0 France restera le centre stratégique de recherche et développement, d’innovation et d’industrialisation, et continuera de jouer un rôle clé dans l’amélioration des technologies de production et l’accélération du développement de nouveaux modèles. : « Tout ce que nous déployons en Europe est pensé, conçu et validé en France. ».
Teddy Riner, un investisseur poids lourd : « Brandir le drapeau français hors des tatamis »
Pour financer sa nouvelle usine au Portugal, ASF a réalisé en novembre 2025 une première augmentation de capital de 7 millions d’euros, complétée par des financements bancaires et des subventions locales. Participent à cette opération : Chamatex Group, par l’intermédiaire de ses actionnaires Bpifrance et Yotta Smart Industry, Carlos Tavares, en tant qu’actionnaire de référence dans la filiale ASF 4.0 Portugal et cinq business angels, dont un sportif de haut niveau, Teddy Riner.
Il s’agit du plus important investissement réalisé à ce jour par le judoka champion olympique. Fin janvier, il s’est rendu sur le site ardéchois pour découvrir le process de fabrication automatisé et échanger avec le dirigeant Gilles Réguillon. Séduit par « la personnalité et le sérieux de l’entrepreneur », il assume un engagement qui dépasse la seule logique financière : « C’est important pour moi d’aider l’industrie française. Investir dans ce projet a un véritable impact sur l’empreinte carbone. Qu’est-ce que nous voulons laisser à nos enfants ? Après avoir brandi le drapeau français sur les tatamis, il est important pour moi de le faire ailleurs que dans le sport. » Pour Gilles Réguillon, ce soutien apporte un véritable coup de projecteur au projet : « Nous partageons avec Teddy Riner cette quête obligatoire de l’exigence et de la performance, où tout se joue dans le détail. »
Cet article est issu de notre hors-série « Les champions de l'Industrie, à retrouver ici.
