Valrhona fait désormais partie des 3.200 entreprises ayant obtenu la certification B Corp dans le monde sur un total de 80.000 postulantes.
Valrhona
Le fabricant drômois de chocolat fournit depuis des années beaucoup d’efforts pour respecter ses parties prenantes. Et vient de franchir un nouveau pas... pour rendre le monde meilleur.
Pour Valrhona, propriété du groupe Savencia (ex-Bongrain), l’activité de l’entreprise ne doit pas seulement être tournée vers la valeur créée pour les actionnaires. On sait depuis longtemps que la société est très impliquée dans la responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Elle vient de franchir un nouveau palier dans ce sens avec l’obtention de la Certification B Corporation®, une labellisation parmi les plus exigeantes. Elle rejoint ainsi des entreprises comme Patagonia, The Body Shop, Nature & Découverte ou encore Bjorg Bonneterre & Cie.
L’environnement au même titre que le financier
Créée en 2006 aux Etats-Unis, la certification B Corporation® mesure la performance d’une entreprise dans cinq domaines : gouvernance, collaborateurs, clients, collectivité, environnement. Après trois années de travail, les pratiques mises en place par le chocolatier et analysées par B Corp ont obtenu 88,3 points sur 200 : il en faut au minimum 80 pour décrocher le fameux label. Et ce n’est pas facile : la note moyenne des entreprises qui participent est de 50,9 points ; et sur 80.000 entreprises qui ont entamé l’évaluation dans le monde, seules 3.200 ont obtenu la certification.
Valrhona, dirigée par Clémentine Alzial, a modifié ses statuts pour « mettre les impacts sociaux et environnementaux au même niveau que ses résultats financiers ». Mais concrètement, qu’est-ce qu’une filière cacao « juste et durable » ? Valrhona répond par quelques actions phare, comme :
Repenser les lieux de production
La certification B Corp est réévaluée tous les trois ans. Pour l’avenir, Valrhona a déjà déterminé plusieurs pistes de travail. Comme celle de diminuer les quantités d’emballages utilisés et envisager leur réutilisation. Ou encore celle d’engager la totalité de ses 18.208 producteurs de fèves de cacao vers l’agroforesterie, un modèle de culture qui respecte les sols en mélangeant différentes essences d’arbres, et permet aux agriculteurs de diversifier leurs revenus.
Autre évolution envisagée : devenir neutre en carbone sur toute la chaîne de valeur d’ici 2025, ce qui va impliquer de revoir les flux de matières. « Acheter du cacao aux quatre coins de la planète pour le transformer en France puis le renvoyer partout dans le monde pose un véritable défi », reconnaît la société. En clair, il n’est pas exclu que la production de chocolat soit, un jour, partiellement relocalisée dans des sites proches de la culture du cacao. Les réflexions sont en cours.