Pour Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, sans engagement financier massif de l’Europe et de l’État, " le ferroviaire sera dans quelque temps dans la même situation que le nucléaire aujourd’hui".
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Le Contrat de Plan État Région (CPER), présenté par le préfet Pascal Mailhos et le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, le 7 octobre pour la période 2021/2027, ne comprend pas de volet « Mobilité ». Ce sujet fera l’objet d’un avenant spécifique préparé pour l'année prochaine.
Ils étaient pourtant attendus : les engagements financiers de la Région et de l’État dans le domaine de la mobilité avec, en Auvergne-Rhône-Alpes, la question des Réseaux Express Métropolitains, celle des petites lignes du réseau ferré et celle des voies d’accès au tunnel transfrontalier du Lyon-Turin. Pourtant, il n'apparaît pas dans le Contrat de Plan Etat-Région présenté le 7 octobre. Questionné sur ce dernier point, Pascal Mailhos a précisé le calendrier après avoir rencontré Clément Beaune (ministre délégué chargé des Transports), en septembre dernier, et lui avoir fait part du choix du tracé retenu, après consultations.
« Une question de quelques semaines » pour les voies d’accès au Lyon-Turin
« J’attends le rapport de la Commission d’Orientation des Infrastructures (COI) et nous débuterons ensuite la consultation des collectivités pour connaître leur contribution financière respective au projet, avant que l’État annonce sa participation. C’est une question de quelques semaines », a-t-il répondu. On rappelle que l’Union Européenne attend l’engagement de l’État français avant de prendre en charge la moitié du financement de ces voies d’accès (près de 9 milliards d’euros au total), avec un ultimatum fixé à la fin de l’année.
Laurent Wauquiez ne s’est pas prononcé sur ce dossier. Il a préféré se positionner sur la question des petites lignes. « Ce n’est pas avec quelques centaines de millions d’euros que nous récupérerons le retard que le réseau ferré français a cumulé au fil du temps », a-t-il fait valoir. Selon l’Observatoire des Mobilités, l’âge moyen du réseau est de 35 ans en France. Il est de 17 ans en Allemagne !
Il faut revoir toute l’architecture du fonctionnement du ferroviaire en France
« Il faut revoir toute l‘architecture du fonctionnement du secteur ferroviaire en France qui, par exemple, présente les coûts de péage les plus élevés d’Europe », a ajouté le président d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Les péages en France sont quatre fois plus élevés qu’en Italie », confirmait il y a peu Roberto Rinaudo, président de Trenitalia France, première compagnie étrangère à concurrencer le TGV sur le Paris-Lyon. « Cela nécessite en engagement financier massif de l’Europe et de l’État. Sinon, le ferroviaire sera dans quelque temps dans la même situation que le nucléaire aujourd’hui », en a déduit Laurent Wauquiez.