Elisabeth Borne, Première ministre. Que décidera l'État au sujet des voies d'accès au tunnel franco-italien du Lyon-Turin ?
JFB
Les 100 milliards d’euros annoncés par la Première ministre ce vendredi en faveur des trains du quotidien sont généralement salués. Mais certains craignent que le choix préconisé récemment par le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI), pour les voies d’accès au tunnel transfrontalier, ne soit finalement retenu. Ce qui constituerait une remise en cause très importante du projet dans son ensemble.
Décidément, l’écologie n’est pas vue de la même façon par tout le monde. Certes, Elisabeth Borne a répondu au souhait exprimé l’été dernier par le patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou, en faveur d'une remise à niveau du réseau de « 100 milliards d’euros au nom de la transition climatique ». Mais le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes Laurent Wauquiez craint que ces efforts se concentrent sur les trains du quotidien et écartent la nouvelle voie d’accès au tunnel franco-italien du Lyon-Turin, comme l'a préconisé le COI, au profit d’une modernisation de la ligne historique existante entre Dijon et Modane. Ce choix conduirait à un report à 2045 de l'ouverture de cette voie d’accès (entre Lyon et Saint-Jean-de-Maurienne, donc) en remettant en cause, soit dit en passant, sa Déclaration d'Utilité Publique datée de 2013.
L'Italie sera prête, elle...
« Sur la question du Lyon-Turin, la France doit accélérer… l’Italie sera prête à temps, la France doit être à la hauteur de l'enjeu », demande Laurent Wauquiez. En mettant une priorité sur les transports du quotidien, Elisabeth Borne range à ses côtés une partie influente des écologistes. Cette orientation est notamment saluée par le Réseau Action Climat. Les opposants au projet Lyon-Turin s’y engouffrent aussi, au premier rang desquels EELV Pays de Savoie, aux côtés des Groupes Ecologistes du Sénat, de l’Assemblée Nationale et du Parlement Européen… Ils demandent même un nouvel audit sur l’état d’avancement du projet et une étude approfondie de ses impacts environnementaux.
EELV demande de nouvelles études sur le tunnel
De quoi irriter le Comité de la Transalpine pour qui le projet transalpin, avec ses voies d’accès entre Lyon et Saint-Jean-de-Maurienne, coche toutes les cases environnementales : report modal de l’avion et de la voiture vers le train, pour les voyageurs et pour le fret, amélioration des mobilités du quotidien, en connexion au Réseau Express Métropolitain dans l’Est lyonnais… « Il serait pour le moins contradictoire que le plus grand chantier européen de mobilité bas carbone soit exclu d’un scénario de planification écologique », selon son président Jacques Gounon.