Oxance a besoin d’être recapitalisée.
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Oxance vient d'être placé en procédure de sauvegarde par le Tribunal des affaires économiques. Le groupe de santé de près de 1 500 salariés, basé à Lyon, est endetté à hauteur d’une trentaine de millions d’euros.
Le groupe mutualiste Oxance a été placé en procédure de sauvegarde par le Tribunal des affaires économiques de Lyon, avec une période d’observation de six mois. Lors de sa création en 2019, cette mutuelle, née de la fusion de plusieurs organismes de Livre 3, majoritairement des régions Aura et Paca, constituait alors un ensemble de près de 150 établissements, 2 000 collaborateurs et 150 millions d’euros de chiffre d'affaires, avec une présence sur 18 départements et cinq régions.
Objectifs : geler les dettes et préserver les emplois
Avant l’ouverture de cette procédure collective, prononcée le 15 janvier, la direction avait présenté, le 6 janvier, aux représentants du personnel, lors d’un comité social et économique extraordinaire, cette démarche comme un « moyen de geler les dettes tout en préservant l’emploi et les activités ». Elle avait fait part le mois précédent aux instances représentatives du personnel d’un niveau d’endettement d’une trentaine de millions d’euros sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 125 millions d’euros, avec un effectif de 1440 salariés, selon un membre de l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC.
Changement de gouvernance
Annonçant que les élus du CSE ont lancé une expertise confiée au cabinet Alter, ce dernier indique que la gouvernance d’Oxance a évolué au cours de l’année écoulée avec le départ de Nicolas Souveton de la présidence où il a été remplacé par Jacques Seguin. À la fin de l’année, Jean-Baptiste Sebag qui, quelques mois plus tôt, avait été mandaté par le conseil d’administration pour effectuer un audit, a pris la fonction de directeur général délégué, à la suite du départ de Valérie Kirion du poste de directrice générale. Contactés, Jacques Seguin et Jean-Baptiste Sebag n'ont pas souhaité s’exprimer.
Une fragilité financière structurelle
« Les centres de santé mutualiste en secteur 1, sans dépassement d’honoraire, ont de faibles marges opérationnelles et présentent une fragilité financière structurelle », explique une représentante des salariés, qui indique qu’Oxance, basée à Lyon, a opéré « une concentration de l’offre » en fermant près d’une vingtaine d’établissements depuis sa création.
Espérant une recapitalisation de cette mutuelle par une des fédérations de la Mutualité française et le soutien d’acteurs publics du secteur de la santé, elle souligne que sa restructuration « n’aurait pas seulement un impact social. La disparition de nos structures d’utilité publique, dont certaines s’adressent à des populations en situation de handicap, aurait un impact sur l’offre sanitaire de certains territoires ».
Oxance gère des centres de santé polyvalents, des centres dentaires, des centres optiques, des établissements médico-sociaux, ainsi que deux Ehpad situés à Bagnols-sur-Cèze (Gard) et Cruas (Ardèche).