La situation n'a jamais été aussi tendue sur le marché des bâtiment logistiques avec un taux de vacance inférieur à 0,5 % dans la région.
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2022 est un cru exceptionnel en termes de demande placée sur le marché des entrepôts logistiques de la région lyonnaise, juste derrière le record de 2018. La tension sur le disponible n’a jamais été aussi forte.
2022 était « une année exceptionnelle », estime Stéphane Bouiller, directeur logistique du cabinet CBRE, commentant les données du marché au nom de la FNAIM Entreprises. Exceptionnel au point que la demande placée, avec 405 000 m², a dépassé allégrement la moyenne décennale (340 000 m²) et tutoyé le record de 2018 qui émarge à 413 000 m². C’est un gros rebond - de 38 % - par rapport à 2021. La région lyonnaise a phagocyté 10 % du marché national avec « beaucoup d’intérêt pour les bâtiments de nouvelle génération », précise Stéphane Bouiller puisque 56 % des deals ont porté sur du neuf.
50 % des transactions concernent des bâtiments de plus de 30 000 m²
Ces statistiques démontrent que le marché est demandeur de grands entrepôts : si la demande placée explose en surface, le nombre d’implantations - qui est de 22 - est tout à fait dans la moyenne. « 50 % des transactions concernent des bâtiments de plus de 30 000 m² », confirme Stéphane Bouiller. Parmi les plus importantes : un acteur de la grande distribution va s’implanter sur 60 000 m² à Reyrieux à la place d’un bâtiment d’Intermarché qui va être détruit (Intermarché a regroupé en 2018 ses bases de Reyrieux et Miribel dans un entrepôt de 70 000 m² à Saint-Quentin-Fallavier). Citons également But qui a pris 38 219 m² à Janeyrias. Les prestataires sont bien là également, notamment à Saint-Quentin-Fallavier où Charvin s’est positionné sur 45 757 m², Ceva logistics sur 43 945 m² et Godis sur 30 661 m².
Cette frénésie a amplifié l’évolution des prix à la hausse, débutée en 2018. « Les loyers ont augmenté de 20 % en quatre ans alors qu’ils avaient été stables pendant 20 ans », souligne l’expert de la FNAIM. Concrètement, le loyer atteint désormais 60 euros HT/HC/m²/an (47 euros en 2017). Pour comparaison, les loyers sont de l’ordre de 70 à 80 euros sur Paris et de 45 à 50 euros dans les Hauts-de-France où l’offre est plus large.
60 000 m² d’offre disponible à six mois
Car le facteur déterminant est bien là : l’offre disponible s’effondre sur le bassin lyonnais. Un point très bas a été atteint avec 60 000 m² d’offre disponible à six mois. Le taux de vacance est inférieur à 0,5 % dans la région (contre 3 % en moyenne française).
Stéphane Bouiller se veut pourtant rassurant : « Plus de 100 000 m² sont en développement avec des premières opérations prévues pour fin 2023 ». Et en attendant, des surfaces se débloqueront, comme chaque année.