En 2022, la Part-Dieu est redevenu le Quartier Central des Affaires (QCA) lyonnais)
A.R.
Sur le marché lyonnais des bureaux, la crise du covid est totalement effacée. La remontée de la demande placée constatée en 2021 s’est confirmée en 2022, année qualifiée d’excellente par la FNAIM Entreprises.
Avec une demande placée annuelle moyenne de 295 000 m² sur les dix années précédentes, le marché lyonnais du bureau était apparu en retrait en 2020, puisque, covid oblige, tout s’était figé à 220 000 m². La « claque » paraissait d’autant plus sévère que 2019 avait été marquée par un record historique à 455 000 m². 2019 et 2020 n’étaient finalement que deux épiphénomènes extrêmes, le marché revenant rapidement à son état normal : 295 000 m² en 2021 puis une progression de 10 % pour le cru 2022 qui atterrit à 325 00 m². Le nombre de transactions, qui passe de 554 à 568, confirme lui aussi la dynamique.
C'est donc une année « excellente », selon les termes de Stéphane Jullien, directeur de l’équipe « bureaux » chez JLL Lyon, commentant les données au nom de la FNAIM Entreprises. « Ce n’est pas la fin des bureaux », précise-t-il en regard de la sinistrose affichée pendant les confinements.
Le télétravail n’est pas un tueur de m²
Alors, quid du flex office devant abaisser les surfaces nécessaires, du télétravail appelé à vider les locaux et du coworking censé remplacer les bureaux traditionnels ? « Le télétravail n’est pas un tueur de m² », explique Stéphane Jullien, « car une entreprise doit toujours réunir son personnel deux ou trois fois par semaine. Les utilisateurs se sont adaptés à ce changement mais cela n’a pas conduit à une réduction drastique des surfaces sauf pour les entreprises qui regroupent leurs équipes dans des locaux qu’elles veulent plus efficients. D’autres accueillent de plus en plus de collaborateurs franciliens et n’ont pas non plus pu réduire leurs surfaces ».
Tous les grands utilisateurs demandent si une solution de coworking existe dans l’immeuble visé
Quant au coworking, l’expert de JLL estime qu’on n’est « qu’au début de l’aventure à Lyon ». Les grandes entreprises s’en servent comme d’une surface d’ajustement. « Tous les grands utilisateurs demandent si une solution de coworking existe dans l’immeuble visé », confirme Stéphane Jullien. « C’était récemment le cas pour April qui emménagera dans le bâtiment Next dans quelques mois ».
April fait partie des gros deals de 2022 avec 12 654 m² pris à la Part Dieu, secteur qui a repris le lead sur Lyon, même si Gerland et Vaise demeurent des endroits prisés. Les chiffres 2022 intègrent également les 20 000 m² pris par la Direction des finances, à Part Dieu toujours, tout comme Setec Is et ses 8 548 m². À Vaise, Solutec s’est engagée sur 11 330 m², Agicap sur 5 289 m² et Arval sur 4 030 m². À Gerland, c’est l’OMS qui signe le plus gros deal avec 11 000 m², suivie de l’Anses et l’ANSM sur 8 500 m². Technip a pris 7 762 m² au Carré de Soie et APRR s’est offert 4 800 m² à Jonage.
Pour 2023, l’offre disponible est très faible « Ça va être tendu en intra muros », prédit Stéphane Jullien, « l’enjeu est de régénérer la ville sur la ville », évoquant, là, la nécessité de multiplier les réhabilitations d’immeubles anciens.