Le Laboratoire Chauvin s'apprête à internaliser certaines productions jusqu'alors confiées à des sous-traitants.
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Il y a plus de cent ans, à Aubenas, un homme visionnaire, Alfred Chauvin, a l’idée de transformer son officine en laboratoire de production de pommades ophtalmiques. Si l’entreprise a été rachetée en 2000 par l’américain Bausch+Lomb, elle reste profondément ancrée sur ses terres ardéchoises.
Bausch+Lomb, acteur mondial de la santé oculaire, compte une vingtaine d’unités de production à travers le monde. Son activité s’organise autour de trois divisions : la production de lentilles de contact et de solutions dédiées, la production d’implants oculaires et de produits pharmaceutiques, et la production aseptique (notamment les collyres) et sa distribution. C’est sur cette dernière activité qu’est spécialisé le site d’Aubenas.
Du modèle familial à l’aventure internationale
L’entreprise ardéchoise a « longtemps fonctionné sur un modèle artisanal, avec une production limitée et une distribution locale, au cœur de cette officine où se mêlaient savoir-faire traditionnel et innovation pharmaceutique », confie François Soulas, directeur du site ardéchois. Aujourd’hui, le Laboratoire Chauvin, qui a gardé son nom commercial, produit et expédie, depuis son site historique, 1,6 million de colis à 12 400 clients dans 57 pays : en France (son premier marché), en Angleterre, et plus généralement en Europe, mais également au Moyen Orient, en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande.
Cette aventure internationale, qui avait déjà été amorcée en Europe avec son fondateur, a été consolidée par Bernard Chauvin, la troisième génération, avec l’acquisition de sites industriels en Europe. Cependant, le transfert du siège de l’entreprise à Montpellier, en 1970, par Paul Chauvin, permet à la société de bénéficier du rayonnement scientifique de cette ville universitaire.
282
C'est le nombre de salariés sur le site, auxquels s'ajoutent une cinquantaine d'intérimaires.
Aujourd’hui, le site ardéchois compte plus de 282 salariés et une cinquantaine d’intérimaires : « Il demeure une réelle culture Chauvin, un état d’esprit familial, au sein de cette unité de production déployée sur 17 000 m2. Nos collaborateurs sont majoritairement ardéchois et pour ceux qui viennent d’autres horizons, ils sont séduits par le cadre de vie », poursuit le directeur.
Création d’un laboratoire de contrôle
Avec un tout nouveau plan directeur à cinq ans et la construction d’une extension de 5 000 à 6 000 m2 en 2026, le site devrait d’ailleurs accueillir de nouveaux salariés. Au programme : internalisation de productions jusqu’alors confiées à la sous-traitance et création d’un laboratoire de contrôle en chimie et bactériologie.
Une stratégie alignée avec la volonté de conforter son ancrage territorial. « Nous privilégions les fournisseurs français voire locaux : notre fabricant d’étuis est en Ardèche, celui qui nous fournit les notices, à seulement quelques kilomètres de l’usine ». Dans cette même volonté, le site, lors de son denier plan d’investissement, a consacré plus de la moitié des 35 millions d’euros de budget à des machines made in France.
Cet article est issu de notre hors-série « Les champions de l'innovation, à retrouver ici.