L'Oréal
Cosmétique Active Production L’Oréal Vichy (ou CAP L’Oréal) a intégré une innovation permettant l’automatisation du processus d’identification et de retrait de bouteilles défectueuses sur sa ligne de production.
Dans l'usine L'Oréal de Creuzier-le-Vieux, une petite révolution technologique, qui a nécessité plus d’un an de développement, a récemment été mise en service sur une ligne de remplissage de flacons. « Nous avions sur cette ligne, produisant 1 million d’unités par mois, jusqu’à 140 heures d’arrêt de production par an, à cause de flacons cabossés. Diminués dans leur contenance, ils engendrent un débordement des liquides et une perte de rendement et de capacité pour notre usine, qui tourne 7 J/7 et 24 heures/24 », explique Thomas Stons, animateur performance et responsable du projet pour CAP L’Oréal.
Coconstruction avec Capgemini
C’est Capgemini, spécialiste mondial de l’ingénierie digitale, de la data et de l’intelligence artificielle, qui a été retenu pour coconstruire, avec les équipes de l’usine, la nouvelle solution. Celle-ci a subi une phase d’évaluation de faisabilité puis de viabilité économique (PoC et PoV), pour un possible déploiement vers d’autres lignes de cette usine ou d’autres sites du groupe.
Basée sur l’intelligence artificielle (IA), cette machine sur-mesure, directement intégrée sur la ligne de production, est capable de scanner les bouteilles et de les éjecter sans intervention humaine, grâce à la computer vision.
La technologie THEIA, développée par Capgemini Engineering afin de scanner des produits alimentaires défectueux, a ici été modifiée pour inclure un ensemble flexible de critères, permettant de définir le type de problèmes susceptibles d’arrêter la ligne de production. Grâce à cet algorithme, qui s’enrichit et apprend de lui-même, les résultats sont très bons depuis sa mise en place en octobre 2022 : quatre flacons éjectés pour 1 000, très faible taux de flacons jugés à tort défectueux, 99 % de détection des défauts majeurs, +4 % de production, 450 000 bouteilles supplémentaires fabriquées par an. « Une autre belle réussite est d’avoir des techniciens qui ont pris part au développement de cette innovation et qui sont donc autonomes sur la mise en place des nouvelles couleurs ou formats de flacons », précise Thomas Stons.
Cet article a été publié dans le numéro 2531 de Bref Eco.