Marie-Ange Debon, présidente de l’UTP. Elle préside aussi le directoire de Keolis.
JFB
L’Union des Transports Publics et ferroviaires (UTP) souhaite un véritable « choc de l’offre ». Mais il lui faudra au préalable régler la question du recrutement des conducteurs et obtenir des moyens de la part du gouvernement.
Marie-Ange Debon, présidente de l’UTP, par ailleurs présidente du directoire de Keolis, s’appuie sur les résultats du sondage réalisé par l’Ifop, en juin dernier, auprès de 1 501 personnes vivant dans une agglomération de plus de 50 000 habitants. Ces résultats placent idéalement les transports collectifs dans le comportement des urbains : ils apparaissent en 1re position (41 % des sondés) pour réduire la pollution, devant les modes actifs (16 %) et l’interdiction de la voiture en centre-ville (13 %), même si 35 % considèrent qu’ils sont autant ou plus cher que l’utilisation de la voiture.
Dans ces conditions, les Français revendiquent à 93 % un développement des transports publics (ils étaient 89 % en 2021). D’où un « choc de l’offre » attendu.
4 % des services non assurés à Lyon
Mais alors que la fréquentation reprend peu à peu ses couleurs d’avant-covid, nombreux sont les opérateurs qui ne peuvent pas assurer la totalité des services conclus avec les Autorités Organisatrices des Mobilités à cause des difficultés de recrutement des conducteurs.
C’est le cas à Lyon : en début d’été, Keolis reconnaissait ne pas assurer 4 % des services prévus, alors que la fréquentation était revenue autour de 90 % d’avant-covid. « Nous allons lancer une grande campagne nationale de recrutement. Sur un total de 55 000 conducteurs, il nous en manque environ 4 000 » reconnaît Marie-Ange Debon.
Moderniser le réseau ferroviaire
Pour encourager l’abonnement des salariés, la Loi de finance rectificative vient de donner un coup de pouce aux employeurs en portant l’exonération de cotisations sociales de 50 à 75 % du montant de leur abonnement.
Mais la présidente de l’UTP en profite pour porter des mesures prioritaires dans le cadre du projet de loi de finances 2023. Elle demande un soutien du gouvernement pour faire face aux surcoûts énergétiques, ainsi que l’inscription de 6 milliards d’euros par an, sur le quinquennat, pour lutter contre le vieillissement et la dégradation du plus grand patrimoine ferroviaire d’Europe.
Enfin, pour encourager le renouvellement et le verdissement des flottes d’autobus, l’UTP demande aux pouvoirs publics une aide de 100 000 euros par achat de véhicule neuf.