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Jeudi 12 Mars 2026

Edition déléguée AVEC Connect'iae lyon magazine #7

« Tirer le meilleur parti de ses actifs immatériels »

« Tirer le meilleur parti de ses actifs immatériels »

Olivier Arthaud dirige le cabinet de conseil financier et d’audit, Arthaud & Associés, qui accompagne quelque 2 000 entreprises à Lyon, Paris et Bordeaux. Le sujet des actifs immatériels est récurrent dans son dialogue avec les dirigeants.

Quelle est la définition des actifs immatériels ?

Olivier Arthaud : Dans les normes comptables, les actifs immatériels sont définis comme des éléments identifiables sans substance physique. Les entreprises en sont généralement propriétaires. Ces actifs doivent générer des ressources et des avantages économiques futurs. Ils ne sont retranscrits dans les comptes d’une entreprise que s’ils ont été acquis ou apportés, comme un brevet ou une marque. En revanche, même s’ils ne sont pas comptabilisés à l’actif, ils peuvent avoir une valeur parfois significative.

Comment une entreprise peut-elle les valoriser ?

O.A. : Selon la catégorie de l’actif immatériel, la méthode d’évaluation est différente. La première action à mener pour une entreprise est de lister ses actifs immatériels pour les évaluer et savoir comment en tirer le meilleur parti. La marque et la relation client sont les deux actifs immatériels qui ont généralement le plus de valeur. Prenons l’exemple de la relation client. Une entreprise a signé des contrats très engageants, sur 5 ou 10 ans, avec une certaine typologie de clientèle. Cela représente une valeur très forte pour l’entreprise. Du côté de la marque, l’évaluer passe d’abord par un diagnostic juridique, en s’assurant de sa protection à l’INPI par exemple, et par un diagnostic de notoriété. La valorisation n’est pas la même si la notoriété est internationale ou si elle ne dépasse pas les

À quel moment est-il important de procéder à cet état des lieux ?

O.A. : Les groupes, cotés principalement, réalisent ce travail essentiellement dans le cadre de la consolidation de leurs comptes. Une opération de croissance externe est généralement propice à établir cet état des lieux, pour déterminer le goodwill, l’écart entre le prix payé pour acquérir une entreprise, sa valeur comptable et la valeur des actifs immatériels sous-jacents.

Les grandes entreprises maîtrisent plutôt bien ces notions. Qu’en est-il pour les PME ?

O.A. : Les PME sont assez démunies et n’ont pas forcément ce réflexe d’évaluation de leur entreprise. Elles déposent moins de brevets qu’une ETI ou un grand groupe et sont davantage concentrées sur leur chiffre d’affaires et la gestion au quotidien. Le dirigeant d’une PME se préoccupe plutôt de ces questions au moment de la vente de son entreprise, pour en déterminer un juste prix.

Pourquoi capitaliser sur ses actifs immatériels ?

O.A. : Parce qu’ils sont sources de chiffre d’affaires additionnels. Pour les PME, qui rencontrent souvent des difficultés de recrutement, travailler par exemple leur marque employeur les aiderait à attirer des talents. Car la réelle valeur d’une entreprise reste celle de ses équipes.

Les ressources humaines font-elles parties des actifs immatériels d’une entreprise ?

O.A. : Il n’existe aucune méthode pour déterminer la valeur marchande des collaborateurs. En revanche, les RH restent des postes clés qui impactent directement la valeur globale de l’entreprise et donc ses actifs immatériels.

 

L’exemple de la valeur de la marque

Plusieurs approches théoriques se côtoient sur le sujet de la marque. Son coût de revient peut être mesuré en prenant l’ensemble des investissements engagés en budget marketing, internes et externes, depuis que l’entreprise a créé sa marque. Elle peut être évaluée par le différentiel de marge entre, par exemple, un sac à main de marque de luxe et un autre, à qualité égale. On évoque aussi la redevance de marque, accordée lors d’un contrat de licence, avec un pourcentage de chiffre d’affaires à rétribuer à l’entreprise détentrice de la marque. Des taux sectoriels de référence existent pour déterminer ce pourcentage. frontières régionales… Une connaissance précise de ses actifs permet à une entreprise de bien les valoriser.

 

Les catégories d’actifs immatériels

  • Les actifs incorporels technologiques, comme les brevets ou les logiciels ;
  • Les actifs immatériels marketing, comme la marque ou l’image de marque ;
  • Les actifs incorporels en lien avec les contrats commerciaux, la relation avec sa clientèle.

 

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