En 1992, Sicaba est devenue le premier distributeur de viande Bio, certifié par Qualité France.
SICABA
La coopérative d’éleveurs Sicaba (Société d’Intérêt Collectif Agricole de Bourbon l’Archambault), en cessation de paiements depuis le 15 janvier, a demandé une mesure de protection du tribunal de commerce de Cusset.
La Sicaba a été placée en redressement judiciaire au mois de février. Cette procédure (qui ne concerne pas l’abattoir de Vichy-Rhue détenu par la société Hassenforder) a figé la dette de 1 million d’euros, essentiellement due aux éleveurs qui n’ont pu être payés.
Créé en 1963, le groupe Sicaba abat et commercialise sous toutes ses formes les bovins, veaux, ovins et porcs de ses 320 adhérents éleveurs. 85 % de Label Rouge et Bio sont produits, à destination essentiellement des boucheries, de la restauration collective et des magasins Bio, dont l’agneau du Bourbonnais IGP-LR et le Bœuf charolais du Bourbonnais IGP-LR.
De multiples difficultés
Fragilisée par la crise Covid (-40 % d'activité et 100 % de chômage partiel payé par l’entreprise), la Sicaba est aujourd’hui durement impactée par l’augmentation des charges, dont une hausse de 533 000 euros pour sa seule facture d’électricité. En cause également, l’inflation du prix des animaux en entrée d’abattoir (+76 % du prix du porc actuellement) et une baisse de consommation des produits carnés, notamment sur les viandes nobles et le Bio. « Pour le bœuf, nous comptons de moins en moins d’éleveurs et de bêtes, l’agneau n’est plus demandé par les consommateurs et les éleveurs de porcs ont régulé leur offre (-7,7 % d’abattage en Europe), par peur de la hausse des prix des céréales. Avec moins d’animaux disponibles, on ne peut compter sur une baisse de nos prix d’achat. Notre plan de restructuration passe donc pas des économies de charges », explique Thierry Sain-Saëns, directeur de la Sicaba, présidée par Hélène Richard.
Des économies de charge sans perte d’emploi
Le plan de restructuration qui prévoit un retour à l’équilibre, engendrera la fermeture du site de Moulins et le transfert de son activité de produits élaborés de viande à Bourbon-l’Archambault, qui se recentrera sur l’élaboration des viandes. L’activité d’abattage du site de Bourbon-l’Archambault sera, elle entièrement transférée vers un site unique d’abattage à Vichy. Ce plan doit assurer le maintien des 210 salariés du groupe (dont 120 à Bourbon-l’Archambault). Mais cette réduction des charges ne peut être totalement menée actuellement. « La modernisation et la mise en conformité de l’abattoir de Vichy ne sont prévues qu’en juillet. Nous devons aussi faire face à un dépassement du prix des travaux de 480 000 euros par rapport au devis 2020 », précise Thierry Saint-Saëns.
Un collectif d’éleveurs, impactés par les impayés, est lui en cours de création. Il doit permettre de porter collectivement la dette et d’aller chercher des fonds publics. Le dossier de cette importante filière viande française est monté au ministère de l'Économie et de l’Agriculture, appuyé par deux députés et deux sénateurs de l’Allier. « Nous avons bon espoir de sauver la Sicaba ! » insistent Thierry Saint-Saëns et Hélène Richard.