Le projet Lyon-Turin.
Les recommandations du Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI) sur les voies d’accès au tunnel transfrontalier ont mobilisé 37 anciens grands élus qui ont récemment adressé un courrier au président de la République pour lui demander de respecter ses engagements européens.
Préconisant la solution de l’aménagement de ligne actuelle entre Dijon et Modane, et le report à 2045 de la construction d’une nouvelle ligne à grande vitesse pour les voies d’accès au tunnel transfrontalier, le COI a jeté les bases d’un front républicain rejetant cette option. Celle-ci reporterait de fait aux calandres grecques la liaison par TGV entre Lyon et Turin, qui était le choix défendu depuis plusieurs décennies par la majorité des élus et qui bénéficiait d’une forte adhésion de la part des milieux économiques et de la population. 37 grands élus (anciens ministres, parlementaires, maires, présidents des collectivités territoriales des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et d’Occitanie…), ont donc alerté Emmanuel Macron sur l’absurdité qui consisterait à voir le plus grand chantier transfrontalier européen déboucher du côté français sur un réseau ferré hors d’âge, alors que du côté italien les décisions sont d’ores et déjà prises et les budgets décidés. Un choix qui provoquerait aussi le désengagement financier de l’Union Européenne, situé autour de 50 %, pour un budget évalué autour des 8 milliards d’euros.
Préparation du CPER « Mobilités »
Le rapport du COI va donc être suivi de près par les élus actuels. En particulier, la préfecture de Région, détentrice d’un mandat de négociation, doit discuter avec les collectivités locales pour évaluer quelle pourrait être la contribution de chacune d’entre elles, en complément de la part de l’Etat et de l’Union Européenne si toutefois, celle-ci intervient. Ces arbitrages pourraient figurer dans le volet « Mobilités » du Contrat de Plan Etat-Région (CPER) de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dont l’essentiel a déjà été présenté tardivement l’année dernière, et qui reste pour l’instant en attente.
Mobilisation de l’Union des parlementaires en faveur du Lyon-Turin
Parallèlement à ce courrier des anciens élus, les sénateurs et députés en mandat actuellement, réunis au sein de l’Union des parlementaires en faveur du Lyon-Turin, groupe transpartisan (LR, PC, PS, Modem…), ont lancé un appel solennel pour que le plus grand tunnel ferroviaire du monde, reliant l’Est et l’Ouest de l’Europe, ne passe pas à coté de ce rendez-vous historique. Il se trouve par ailleurs que la société binationale Telt, en charge de ce chantier, propose les 22 et 23 avril, une visite de chantier du tunnel de base, à Saint-Julien-Montdenis (Savoie).