Le Forum de la facturation électronique se tiendra au Centre des congrès de Lyon le 20 janvier de 8h à 18h.
Nicolas Robin
C’est LE grand chambardement administratif de l’année : la facture électronique va devenir obligatoire, progressivement, à partir du 1er septembre 2026. Un enjeu technique pour les entreprises, un enjeu business pour les éditeurs avec, au milieu, les experts-comptables qui prennent les devants pour que tout soit en place à temps.
« Les experts-comptables d’Auvergne-Rhône-Alpes sont prêts. Nous avons pris cette réforme très tôt. Nous sommes les experts-comptables les plus formés de France. Tous les cabinets ont déjà une stratégie », se réjouit le président de l'Ordre des Experts-Comptables Auvergne-Rhône-Alpes, Damien Cartel, à propos de la facturation électronique.
En revanche, les entreprises, elles, ne seraient pas forcément prêtes. Et même si les professionnels du chiffre font déjà de la pédagogie avec leurs clients, ils ont décidé d’organiser un forum le mardi 20 janvier 2026, au Centre de Congrès de Lyon pour rassembler des chefs d’entreprise autour des éditeurs des fameuses plateformes qui sont au centre du dispositif.
Lutter contre la fraude à la TVA… mais pas que !
Pour mémoire, cette réforme de la facturation électronique impose que les entreprises (ou les experts-comptables) envoient (et reçoivent) leurs factures (structurées d’une façon définie) à leurs clients via une plateforme informatique sécurisée et adoubée par l’État. Cette plateforme transmet la facture au logiciel du client mais également à l’administration fiscale. Car l’idée pour l’État est de renforcer la lutte contre la fraude à la TVA (16,7 Md€ en 2024).
L’initiative devrait cependant apporter son lot d’avantages selon les experts-comptables. « Cela va apporter de la performance et permettre de réduire les coûts de traitement », estime Damien Cartel. « Tout le monde cherche à optimiser les choses. Là, non seulement on optimise, mais on uniformise. Tout fonctionne avec le numéro Siren. On sait facilement où envoyer les factures, c’est assez structurant », commente Paul Chabrillat, trésorier de l’ordre. « C’est comme le prélèvement à la source, on en avait peur mais on ne reviendrait pas en arrière. Cela va fluidifier énormément la facturation ».
Des conséquences au quotidien
La réforme va apporter son lot de nouveautés au quotidien. Ne serait-ce que pour la facture du restaurant de midi. L’identification se fera avec le numéro Siren mais il est probable que ce soit au client d’aller chercher sa propre facture électronique pour éviter aux restaurateurs de passer trop de temps en caisse.
La facture électronique signifie aussi le début de la fin des dispositifs d’OCR par IA, récemment mis en place, qui permettaient de rentrer une facture dans un logiciel en prenant une photo avec son smartphone.
« Le forum est imaginé pour sensibiliser les entreprises, depuis celles qui découvrent la réforme jusqu’à celle qui la connaissent mais qui vont devoir composer avec des cas très particuliers », complète Damien Cartel.
Ce forum comprendra deux plénières au format table ronde (ouverture et clôture), six ateliers (le b.a.-ba de la réforme ; les critères de choix d’une plateforme ; comment embarquer ses équipes ; les clés d'une transformation réussie…) ainsi qu’un espace salon avec une trentaine d’exposants faisant des démonstrations.
On estime que le coût de traitement baissera de 30 à 50 %
L’idée pour les experts-comptables qui, on l’aura compris, soutiennent totalement cette réforme, est de montrer qu'elle n’est pas « un truc de plus » mais une opportunité d’abaisser les charges. « Même s’il y a un coût à la facture, le gain de temps permettra que l'opération revienne moins cher. On estime aujourd’hui le coût de traitement à 10 ou 12 euros. Demain, cela baissera de 30 à 50 % », estime Damien Cartel qui souligne que le dispositif permettra aussi de capter de nombreuses données pour améliorer la vision de la trésorerie et mieux piloter l’entreprise. « Avec la facturation électronique, on passe de la carte papier au GPS, tout sera plus rapide et plus fin, il suffira d’un clic pour générer des statistiques précises », se réjouit Paul Chabrillat.
Dans peu de temps, l’Etat aura annoncé la liste des plateformes agréées (probablement entre 80 et 100). Il faudra donc faire un choix. Toutes n’ont pas le même modèle économique ni les mêmes spécificités techniques. Les experts-comptables insistent pour que les entreprises leur demandent conseil. Il faut dire que s’ajoute un enjeu pour les experts-comptables eux-mêmes qui espèrent limiter de leur côté les abonnements à deux ou trois plateformes.
Le calendrier de la réforme
1er septembre 2026 :
1er septembre 2027 :