Les cofondateurs de Santé Académie : Stanislas De Zutter, Félix Levious et Jessym Reziga.
Santé Académie
La medtech lyonnaise Santé Académie, qui propose depuis 2020 des formations médicales en ligne, vient de lever 12 millions d’euros en série A. Objectif : augmenter le nombre de ses formations pour répondre au plus près à un marché de 2 millions de professionnels débordés.
Stanislas de Zutter, Félix Levious et Jessym Reziga cumulent des expériences dans la tech et dans l’éducation. Tous trois ont des parents professionnels de santé. Stanislas de Zutter a même déjà dirigé une entreprise dans le domaine de l’éducation en ligne, revendue depuis à 360Learning. Leur destin commun était donc scellé : ils allaient créer une société d’e-learning médical. « Il y a 2 millions de soignants dont les métiers évoluent beaucoup, nous les aidons à se former le plus régulièrement possible », résume Stanislas de Zutter à propos de Santé Académie, société créée par les trois associés en 2020 et dont il est le CEO.
Proposer une solution aux soignants ne pouvant mobiliser une journée
À la base du business donc : le besoin de formations. « Un infirmier qui gérait auparavant des plaies doit suivre maintenant des maladies chroniques et effectuer des soins postopératoires. Un généraliste se retrouve aujourd’hui à remplacer des gynécos et des pédiatres manquants. Les pharmaciens se sont mis à vacciner la population… » Les cas de figure sont nombreux et le problème épineux car une formation nécessite en général de mobiliser une plage horaire importante et donc de quitter son poste. Difficile à l’heure où les soignants sont débordés. Impossible même dans les déserts médicaux.
Santé Académie propose de résoudre l’équation via le digital avec des formations en ligne de 5 à 7 heures, séquencées par épisodes de 15 minutes afin de les rendre compatibles avec des agendas tendus.
De grands professeurs mis à contribution
« Pour le contenu, nous travaillons avec de grands experts de chaque sujet, souvent des professeurs d’hôpitaux qui gèrent un service et qui font partie d’une société savante, indique le CEO. Nous les intégrons à un comité scientifique animé par nos responsables pédagogiques ». Les formations alternent différents types de contenus : une discussion, une simulation. « Parfois nous filmons une consultation », explique Stanislas de Zutter qui précise que la technologie informatique maison permet de mettre la vidéo en pause automatiquement pour lancer un quiz en parallèle. L’apprenant peut ensuite poser ses propres questions dans un forum.
L’équipe de Santé Académie est à ce jour composée de 60 personnes, installées à Lyon Confluence. Plus de 20 000 professionnels se seraient déjà formés sur une soixantaine de formations (finançables via les dispositifs classiques). 60 % sont des infirmiers, 30 % des généralistes et 10 % des pharmaciens.
MAIF Avenir à la tête du tour de table
Les associés veulent maintenant accélérer. Avec 2 millions de soignants en France, le potentiel est énorme. Ils viennent de concrétiser une levée de fonds en série A de 12 millions d’euros auprès de MAIF Avenir (premier fonds d’investissement en capital innovation français à être devenu entreprise à mission) épaulé par Racine ², le fonds de MGEN opéré par Serena (que l’on retrouve au capital de Lifen, Malt, The Fork ...), Makesense (écosystème associatif qui soutient historiquement les pionniers de l’entrepreneuriat à impact). Le projet a convaincu également Sofiouest (société d’investissement du groupe Sipa Ouest-France) et séduit à nouveau Bpifrance, via son fonds Digital Venture, qui participait déjà à l’aventure.
40 recrutements prévus
Avec cet argent frais, Santé Académie va recruter encore 40 personnes pour multiplier les formations. Une quarantaine de nouvelles vidéos sont déjà en préparation cette année avec des thèmes dédiés aux établissements hospitaliers qui se révèlent « très demandeurs » selon Stanislas de Zutter. Le chiffre d’affaires (non communiqué) devrait être multiplié par deux cette année. La start-up compte beaucoup sur la fidélisation, les partenariats (avec les éditeurs de logiciels, les médias spécialisés…) et les réseaux sociaux pour conquérir de nouveaux apprenants.