Au-delà des performances techniques remarquables du bâtiment (E4-C2), le cadre de cette zone de la Confluence, qui sera fortement végétalisé pour devenir un « bois habité », permet de s’affranchir d’une installation de climatisation.
L’Atelier d’architecture Thierry Roche, le groupe immobilier Scipag et l’agence de communication Esprit des Sens vont emménager, à Lyon Confluence, dans un bâtiment unique en son genre. La Zadiga Cité affiche les performances environnementales maximales associées à une zénitude propice à la créativité.
En septembre 2009, Thierry Roche, gérant du renommé cabinet d’architectes lyonnais éponyme et connu pour son engagement environnemental, ouvrait, au sein du Parc Technologique de Saint-Priest, la Cité de l’environnement, annoncée comme le premier bâtiment tertiaire à énergie positive. Trois mois plus tard, le promoteur PRD, alors dirigé par Éric Gagnière, livrait le deuxième bâtiment tertiaire à énergie positive de France, l’immeuble De Bonne Energie, à Grenoble. L’architecte et l’ingénieur. La qualité de vie et la performance. Aujourd’hui, les deux se sont retrouvés pour travailler sur un bâtiment à énergie positive de nouvelle génération : la Zadiga Cité, à Lyon Confluence, à la place d’une ancienne halle du marché-gare.
Sur un terrain de 3 370 m² vendu par la SPL Lyon Confluence, la Zadiga Cité développe 1 330 m². Le projet a été initié par Thierry Roche qui souhaitait rassembler ses sites de Tassin et de Saint-Priest en mettant au point un haut lieu de sérendipité dont un synonyme est le mot… zadigacité. Thierry Roche a ensuite contacté Éric Gagnière et son groupe immobilier Scipag pour concrétiser le projet. Celui-ci connaît bien les lieux. « Nous avons organisé le transfert du marché gare à Corbas il y a quelques années », rappelle-t-il.
E4C2 : les performances ultimes
Un premier permis de construire est déposé en 2018 mais le bâtiment brûle et les plans sont totalement à refaire. Décision est prise de reprendre l’aspect industriel des lieux et notamment les toits en shed. Des centaines d’heures de calcul seront nécessaires pour parvenir à concocter un bâtiment E4C2, la note maximale du label E+C-, c’est-à-dire un bâtiment bas carbone dans ses matériaux et positif dans son équation énergétique tous usages. Le graal est atteint avec une conception simple, très technique mais peu technologique. « Il y a beaucoup de travail sur le thermique », note Thierry Roche.
Les ingrédients ? Une orientation du bâti bien pensée, une position des menuiseries extérieures maximisant les apports solaires mais une casquette solaire à l’Ouest, des occultations extérieures par bannes pour éviter les surchauffes en été et un brassage de l’air. Une aération naturelle, un éclairage via les sheds, des puits de lumière au rez-de-chaussée, une ossature bois légère, une isolation biosourcée, une centrale de traitement d'air double flux débrayable, des panneaux photovoltaïques et une pompe à chaleur nouvelle génération du fabricant lyonnais Industherm (dont une machine a été récompensée par les Trophées Bref Eco 2022 de l’innovation).
Un bâtiment qui produit 25 % de plus que ce qu'il consomme
Au final, le bâtiment consommera 39 kWh/m²/an (éclairages, chauffage, etc.) et ses utilisateurs 53 kWh/m²/an (PC, machines à café…) pour un total de 92 kWh/m²/an. Les panneaux photovoltaïques devraient produire 117 kWh/m²/an.
Dans quelques jours, les deux associés vont installer leur siège dans ces lieux, rejoints par la société de communication et d’événementiel Esprit des Sens, dirigée par Olivia Cuir. En effet, le tour de force de ce bâtiment est d’associer les performances à la qualité de vie avec beaucoup de lumière et à chaque endroit, une vue à 180°. Le tout sera prochainement noyé dans une forêt urbaine.
Un coût de construction 25 % au dessus de la moyenne
Quel est le prix de cette zénitude zéro carbone ? Il y a quinze ans, « sur la ZAC de Bonne, nous n’avions pas regardé à la dépense car c’était un exercice », se souvient Éric Gagnière. « Ici, nous avons pu maintenir le coût de construction à 25 % au-dessus de la moyenne. Cela reste acceptable et c’est important car pour moi, en tant qu’investisseur, ce bâtiment représente l’avenir ». Le coût total de l’opération est de 5,387 millions d’euros : 4,2 millions pour le bâtiment, 841 830 euros pour le terrain et 346 000 euros de taxes et autres dépenses. Soit à peine plus de 4 000 euros/m², en plein centre-ville de Lyon.