Bertrand Converso, Pierre Streiff et Pascal André souhaitent faire venir les épreuves de glace des JO 2030 à Grenoble.
Morgane Poulet
Alors que Nice et son nouveau maire hésitent à accueillir les sports de glace des Jeux olympiques 2030, les acteurs du monde économique grenoblois appellent les élus locaux à se porter pour recevoir les épreuves au Palais des sports.
En 1967, le Palais des sports de Grenoble était inauguré pour accueillir les épreuves de patinage sur glace des Jeux olympiques de 1968. « Le Palais des sports est un bâtiment dont les Grenoblois sont fiers, explique Pascal André, nouveau président de la CPME de l’Isère. Investir dans sa rénovation profiterait à tous ».
Après l’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice, la commune se montre plus frileuse à accueillir les épreuves de sports de glace lors des prochains JO Alpes 2030. L’occasion pour les acteurs du monde économique grenoblois de se positionner.
Le 31 mars dernier, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), la Chambre des métiers et de l’artisanat, le Medef, la CPME, la Fédération du BTP, la Capeb, l’Udimec et l’U2P ont annoncé leur souhait de voir la capitale des Alpes accueillir ces épreuves grâce à la rénovation de son Palais des sports. Un investissement qui, selon eux, « ruissellera sur tout le territoire ».
Un projet à environ 80 millions d’euros
« Ce bâtiment nécessite une rénovation importante, mais toujours moins importante que l’investissement qui était prévu à Nice et qui était de 140 à 160 millions d’euros », ajoute Pierre Streiff, président de la CCI de Grenoble. Selon les partenaires économiques, le projet grenoblois se chiffrerait autour de 80 millions d’euros.
Pour Bertrand Converso, président de la Fédération du BTP de l’Isère, le Palais des sports aurait des capacités d’accueil suffisantes et compatibles avec l’organisation des JO. Mais sa rénovation serait aussi l’occasion pour les entreprises du BTP de « montrer de nouvelles technologies et techniques modernes, de retrouver un engouement sur le territoire ».
Créer un bâtiment polyvalent
L’idée serait également que le Palais des sports devienne un « équipement polyvalent » et qu’il ne tombe pas en désuétude. Bertrand Converso estime par ailleurs qu’il répondrait à un besoin, notamment parce qu’il y aurait « un manque crucial de salles multifonctions à Grenoble ». Concrètement, le bâtiment pourrait être transformé en patinoire pour les Jeux olympiques de 2030, puis être modifié en salle de spectacles et de nouveau transformé en patinoire selon les besoins. « L’équipe de hockey de la ville joue souvent à guichets fermés, donc le Palais des sports pourrait représenter un bel outil pour ce genre d’événement », constate Pierre Streiff.
Ne reste désormais pour eux plus qu’à convaincre la mairie de Grenoble, propriétaire du bâtiment et qui est la seule à pouvoir déposer un dossier auprès du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) 2030. Selon les partenaires économiques, il se pourrait que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, souhaite que la commune soit candidate - elle ne s’y est du moins pas opposée lorsqu’ils l’ont rencontrée en période pré-électorale - sous couvert que des aides lui soient allouées pour rénover le Palais des sports.
Récemment, la proposition du maire de Lyon, Grégory Doucet, d'accueillir épreuves de glace lors des JO 2030, n'avait pas manqué de faire réagir le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, estimant que « c'est d'abord la région Sud qui doit voir à son propre niveau comment les choses se font ».