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Mardi 26 Octobre 2021

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Savoy International, un Groupe agile face à la crise

Savoy International, un Groupe agile face à la crise

Le contexte de la crise sanitaire a poussé les entreprises à se réinventer pour répondre aux besoins de la population. C’est le cas de Savoy International, Rang 1 Automobile, groupe industriel spécialisé dans la mécatronique, l’injection plastique et l’ingénierie mécanique, créé en 1982 et niché dans les Alpes à Cluses. Ce groupe possède plusieurs entreprises dans ces domaines, localisées en France et à l’international. De par sa taille et ses capacités de production, Savoy International a su répondre présent durant la crise. Le groupe s’est mobilisé pour faire face à la Covid-19 en lançant une production de masques en France pour les entreprises, les collectivités et les particuliers. Rencontre avec Emile Allamand, directeur de Savoy International, groupe qui a fait preuve de réactivité face à l’urgence durant cette période.

L’entreprise a été créée par vous-même en 1982 sous le nom Savoy Moulage, comment ses activités se sont développées depuis cela ?

Les activités se sont développées à travers de la croissance organique ou de la croissance externe avec des implantations dans les pays étrangers. La particularité de notre groupe, c’est que nous sommes intégrés en vertical, avec plusieurs pôles : en mécatronique, en plasturgie, en mécanique et un pôle technologique. Nous avons maintenant créé un nouveau pôle, « Savoy Protect », dans le cadre de la fabrication des masques.

Comment la crise a-t-elle impacté votre activité et pourquoi avoir fait le choix de la production de masques ?

La genèse du projet, c’est au moment où le confinement a été déclaré par le Président. Nous avons la particularité d’avoir un Comité d’Orientation Stratégique avec des personnes extérieures qui travaillent avec moi sur le plan stratégique du Groupe. Nous nous sommes réunis le 16 mars et avons pris la décision de se lancer dans l’activité des masques parce que toutes les usines étaient à l’arrêt et nous avions besoin de nous projeter. Il nous a fallu être résilient par rapport à cette crise et essayer d’imaginer comment rebondir et utiliser les compétences du Groupe.

Se lancer dans la fabrication des masques a été la première décision. Le gouvernement a fait un état des lieux sur les fabricants de masques en France et la DGE (Direction Générale des Entreprises) a fait une analyse et a lancé un plan pour augmenter la capacité de production de masques. L’Etat a mandaté le cabinet McKinsey pour identifier de nouveaux acteurs dans la fabrication des masques pour Santé publique France. C’est ainsi que notre projet a été validé et que notre production de masques chirurgicaux a débuté.

Comment fonctionne votre activité et comment envisagez-vous la suite ?

Nous fabriquons des masques chirurgicaux, des masques FFP2 et nous fabriquons aussi notre matière première qui est le meltblown, un textile non tissé. L’Etat avait lancé un appel aux fournisseurs français pour augmenter les capacités de metlblown. Nous nous sommes positionnés très rapidement sur cette voie là car nous ne souhaitions pas dépendre de fournisseurs étrangers mais être indépendant. Tout est produit à Cluses en Haute-Savoie. Nous en fabriquons déjà et nous avons commencé à les commercialiser. Nous produisons donc pour notre propre utilisation mais aussi pour l’externe. Nous souhaitons continuer et développer la filière complète c’est-à-dire la matière première, les masques et le recyclage des masques.

Au quotidien et après ce changement d’activité dû à la crise, quel rôle souhaitez-vous jouer dans la société ?

Nous avons créé un nouveau pôle et nous considérons donc que se positionner sur ce secteur d’activité c’est une activité pérenne, que nous voulons garder et qui est un vrai axe de développement chez nous. Cela a aussi été bénéfique pour répondre au besoin de masque des entreprises et de la population, ce qui nous pousse à continuer. Notre culture automobile d’organisation industrielle nous a permis de démarrer la production très rapidement et sur de gros volumes. En plus de cela, nous avons pu lancer ce projet car nous avons un écosystème industriel en Haute-Savoie qui est très important. En s’appuyant sur plusieurs fournisseurs de la vallée de l’Arve qui avaient une baisse d’activité et qui se sont engagés dans le projet, nous avons pu métisser notre main-d’œuvre avec la leur qui est venue travailler chez nous à temps complet. Avec ces sociétés, nous nous sommes beaucoup entraidés dans la réussite de ce projet. On se rend compte sur ce dossier que nous avons un tissu industriel très riche dans notre région, et c’est ce que nous souhaitons pérenniser.

Comment la Caisse d’Epargne Rhône Alpes vous a-t-elle accompagné durant cette période ?

Pour traverser cette crise et maintenir notre production, nous avons eu recours au PGE. Nos banquiers de la Caisse d’Epargne Rhône Alpes nous ont beaucoup aidés en montant notre dossier. Cela a été une période particulière où nous avons eu peu de rendez-vous physiques, mais l’accompagnement a été adapté à distance et cela s’est très bien passé. Nos banquiers ont trouvé que notre démarche sur la fabrication des masques était une belle initiative et cela a été une diversification largement appréciée, qui a permis de créer une belle synergie entre nos entités. C’est une période prolifique car nous avons déposé plusieurs brevets, nous avons eu le temps d’innover et de nous diversifier, ce qui est une bonne chose pour le développement du Groupe et la sauvegarde de l’emploi.

A propos de Savoy International :
 - Création : 1982
 - PDG : Emile Allamand
 - Nombre de collaborateurs : 1 000
 - Chiffre d’Affaires : 150 M€ à fin 2020
 - Contact : eallamand@savoy-international.com

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