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Mercredi 20 Septembre 2017

Marc Halévy Philosophe et physicien

Nouvelle féodalité et empires continentaux

Publié Le 11.04.2017 À 11H54
Nouvelle féodalité et empires continentaux

Les mythes du "progrès" et de la "croissance", de quantitatif doivent devenir qualitatifs ! Progrès en qualité. Croissance de qualité. La quantité est en train de devenir inabordable.

En entamant l'exploitation forcenée des réserves terrestres accumulées pendant des milliards d'années, la révolution industrielle a laissé croire que la croissance (tant démographique qu'économique) pourrait être infinie, technologie aidant. On sait aujourd'hui que ce mythe est un leurre fallacieux.

Dès lors que les réserves d'énergies fossiles (hydrocarbures et matières fissiles) s'épuisent à grande vitesse et que les énergies dérivées du soleil ne pourront jamais fournir qu'au mieux 20 % des besoins actuels de l'humanité, il est évident que, dans le siècle qui vient, se déplacer deviendra prohibitif. Tout se relocalisera et toutes les migrations s'arrêteront (tant les migrations estivales ou commerciales, que les migrations politiques ou faméliques).

Nous assisterons à une nouvelle féodalisation du monde humain, au sein de grands empires continentaux, construits autour de la notion de "culture commune" (cfr. Samuel Huntington).
Les guerres d'envergure ne seront plus finançables. La paix intercontinentale s'installera de facto.

Les seuls déplacements ou guerres encore possibles (du moins dans les limites de l'énergie disponible pour alimenter ces colossaux complexes informatiques) concerneront les informations, sur la(les) Toile(s). On "voyagera", on guerroiera et on échangera exclusivement de façon virtuelle. Chaque empire continental aura sa propre Toile numérique.

Par exemple : l'économie en général et, surtout, l'économie agroalimentaire redeviendra quasi exclusivement locale (régionale) et directe (pas d'intermédiaire de distribution : ni Carrefour, ni Amazon), avec des produits de meilleure qualité et en petites quantités, tout à l'opposé de la course aux prix et aux quantités de cette logique absurde appelée "économie de masse" ou "agriculture intensive", deux logiques d'appauvrissement du monde, des terres et des ressources.

Bientôt, les prix des carburants fossiles vont sextupler. C'en sera fini des exploitations et exportations dévoreuses d'énergie et de carburants.
Il est temps d'anticiper et de revenir à une économie de proximité, tendant vers une quasi autarcie régionale.

  • Marc Halévy

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