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La PME iséroise Antésite et Noirot change à nouveau d’actionnariat. Sa mise en redressement judiciaire avait sonné la fin de l’équipe constituée en 2019 autour de l'investisseur François Lévêque. C’est Benoît Bouret, patron du groupe industriel Sopatex, qui reprend l'affaire.
Le 18 février 2022, deux ans après l’annonce avortée d’un nouveau site industriel pour Antésite et Noirot, le tribunal de commerce de Grenoble constatait l’état de cessation de paiements. Suivront le redressement judiciaire puis la recherche d’acquéreurs pour arriver, le 3 février 2023, au plan de reprise au profit du groupe Sopatex.
Sopatex est dirigé par Benoît Bouret, patron d’un ensemble industriel qui produit des matériaux textiles techniques. Il dispose de plusieurs sites en Isère. C’est désormais lui qui devra remettre de l’ordre dans une maison connue pour ses concentrés à base de réglisses, sirops et liqueurs vendus sous les marques Antésite et Noirot.
Les espoirs de 2019
Lorsqu’en 2018, Adrien Mollard, héritier de la PME familiale Antésite et Noirot (Voiron), décide de trouver des soutiens pour accompagner la croissance de son affaire, il n’envisage pas l’échec de son opération. En retrait, il confie en 2019 les rênes à un triumvirat composé de Stéphane Lacourt spécialisé dans le lancement de marques de boissons, Jérôme Poisson, dg de Colombus retail, et François Lévêque codirigeant des sociétés Devinvest et Les Simmonières. Ils apportent 1 million d’euros en cash, non pour sauver la société (rentable) mais pour en accélérer le développement.
Secousses
Avec Stéphane Lacourt en tant que directeur général, la nouvelle gouvernance veut faire d’Antésite et Noirot une société capable de travailler à façon pour d’autres marques que ses marques propres. Une stratégie axée également sur un catalogue enrichi d'ingrédients bio et une approche commerciale plus dynamique vis-à-vis de la grande distribution. Deux licences, Colombus Café et Les Têtes brûlées, entrent dans le plan d’affaires avec des ventes qui s'élèveront à 981.700 euros en 2021. Mais dans le même temps, le chiffre d’affaires global passe de 7,6 millions (perte de 45.000 euros) en 2019-2020 à 7,2 millions (perte de 366.700 euros) l'année suivante. Et les caisses se vident.
Le 17 décembre 2021, François Lévêque, actionnaire principal, révoque Adrien Mollard, qui avait conservé un statut de président, et Stéphane Lacourt. Le bilan ne sera pas certifié à cause d'irrégularités comptables.
Amener de la « sérénité opérationnelle »
Benoît Bouret, séduit par un projet de diversification pour « une marque locale » et « stupéfait de la notoriété d’Antésite » reprend la quasi-intégralité des 26 collaborateurs. Il apporte 2 millions d’euros pour amener de la « sérénité opérationnelle », régler l’urgence de la vétusté de l’outil de transformation et d’embouteillage, et faire face aux dettes bancaires et dettes fournisseurs.