Jean-Luc Duperret, directeur du MIN de Grenoble, veut booster l’activité Fruits et Légumes.
V.R.
Le Marché d’Intérêt National (MIN) de Grenoble veut retrouver l’essence même de sa création (décret de décembre 1961), à savoir la vente de « produits agricoles et de la pêche ». Retrouver des grossistes et des producteurs est l’une des missions de son directeur.
Pour la pêche, l’affaire est depuis longtemps un problème, tant Grenoble est à l’écart des grands axes de livraison de produits ultra-frais. Pour le reste, et en particulier sur les fruits et les légumes, Grenoble Alpes Métropole, par l’intermédiaire de la régie d’exploitation du marché de gros, espère « renforcer (cette) épine dorsale » historique. En 2020, la famille Fruits et légumes représentait encore 47 % du chiffre d’affaires consolidé des opérateurs (les 27 opérateurs avaient généré un total de 62,8 millions d'euros de ventes). Elle est passée à 40 % en 2021 et, si le bilan 2022 n’est pas encore connu, rien n’indique que la situation a changé. « Retrouver des grossistes et des producteurs » est l’une des missions de Jean-Luc Duperret, le directeur d’un MIN, dont la dynamique ne se résume toutefois pas aux seuls opérateurs en fruits et légumes.
Le MIN doit changer d’époque
Les initiatives collectives autour des produits alimentaires biologiques et locaux font partie des satisfactions de cet outil de service public qu’est le MIN (CA de 910 000 euros en 2022 avec 8 salariés). Les producteurs du Box Fermier, la coopérative de producteurs et transformateurs Mangez Bio Isère ou la plateforme de la marque « Nos produits IS HERE » portée par le Département en font partie. Cette dernière est entrée avec le soutien actif de la Chambre d’Agriculture, dans une démarche de référencement commercial qui porte ses fruits. Elle s’était installée en février 2021 sur 120 m² et elle vient, en janvier, dernier d’obtenir 120 m² supplémentaires.
Si le MIN veut retrouver des couleurs, il doit aussi changer d’époque. C’est tout l’enjeu du diagnostic énergétique mené sur un bâtiment de béton et de verre, dont le qualificatif de passoire thermique est un euphémisme. « Isoler le site est un sujet multiforme qui nécessitera des investissements très conséquents », prévient Jean-Luc Duperret. D’ici un éventuel chantier de rénovation thermique lancée par le maître d’ouvrage qu’est la Métro, le MIN essaie d’optimiser l’espace existant couvert, les 15 000 m² au sol et les 6 000 m² de stockage en sous-sol avec « une qualité d’intervenants différente. »
Cet article a été publié dans le numéro 2531 de Bref Eco.