Navya qui n'en est pas à son premier revers, demande l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire. Wesk cherche un repreneur avant le 13 février.
DR Navya et Wesk
Les mauvaises nouvelles s’enchaînent sur la place économique lyonnaise. La société spécialiste des véhicules autonomes Navya demande son placement en redressement judiciaire. Et Wesk, société d’autopartage, est à la recherche d'un repreneur.
L’été dernier, Navya avait signé avec le Groupe Negma (société d’investissement basée à Dubaï) pour un financement de 34 millions d’euros réalisé sous la forme d’obligations convertibles en actions nouvelles (« OCA ») auxquelles sont attachés des bons de souscription d’actions (« BSA »). En décembre, un nouveau financement avait avorté et la présidente du directoire, Sophie Desormière, avait quitté ses fonctions moins d’un an après son arrivée.
Navya indique aujourd'hui qu'elle n’est plus en mesure d’émettre de nouvelles tranches d’OCABSA d’un montant suffisant lui permettant de couvrir l’ensemble de ses besoins de trésorerie. Par ailleurs, « toutes les tentatives d’adossement auprès d’investisseurs ont échoué ». Du coup, la société indique qu'elle ne dispose plus des ressources nécessaires pour faire face à son passif exigible. Elle demande donc au Tribunal de commerce de Lyon l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour évaluer les solutions permettant de pérenniser l’activité, maintenir les emplois (280 collaborateurs à Lyon, Paris, aux États-Unis et à Singapour) et rechercher des investisseurs.
Le tribunal se prononcera le 31 janvier. Navya avait été cofondée en 2014 par Christophe Sapet (ex-Infogrammes et Infonie) qui avait été débarqué en 2018. En 2019, le modèle économique de l'entreprise avait été modifié, laissant de côté la construction de véhicules pour la seule vente de technologies de conduite autonome aux industriels.
Réponse pour Wesk le 13 février
Hasard du calendrier, il y a quelques jours, la nouvelle société de Christophe Sapet, 65 ans, était également placée en redressement. Il s’agit de Wesk (co-créée avec Henri Coron et Diego Isaac, également des anciens de Navya), qui propose le service d’autopartage en free-floating dénommé Shaary (25 personnes). Créée en 2020, Wesk avait conquis les villes de Marseille avec des microvoitures électriques italiennes Biro, Strasbourg avec des Dacia Spring et, en juillet dernier, Nice avec d’autres microvoitures électriques, les XEV Yoyo, d’un autre constructeur italien, Campello Motors. Wesk n’aura pas eu le temps de procéder à la levée de fonds envisagée. D’éventuels repreneurs ont jusqu’au 13 février pour se faire connaître.