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Jeudi 17 Juin 2021

Entrepreneurs, Engagés, Ensemble AVEC EY (éditions précédentes)

Cédrick Chappaz (Hap2U) : "La crise a permis de retravailler le lien social dans l'entreprise"

Cédrick Chappaz, dirigeant-fondateur de Hap2U.

Cédrick Chappaz, dirigeant-fondateur de Hap2U.

Pour la start-up grenobloise Hap2U spécialisée dans l'innovation haptique (la science du toucher), l’impact du confinement n’a pas tardé. Délicat, en pleine pandémie de Covid-19, de démontrer l’intérêt d’une technologie permettant de ressentir du bout des doigts ce que l’on voit sur un écran. Délicat aussi pour une entreprise peu habituée au télétravail de garder la cohésion des équipes.

Cédrick Chappaz, fondateur de Hap2U ne montre aucun signe de découragement. La société est au début d’une aventure dont elle dessine elle-même les contours « Mon entreprise apporte une proposition de valeur qui n’existe pas ailleurs. Je ne suis pas sur un marché mature. Je le construis. » Le souffle froid de la Covid-19 n’est cependant jamais très loin. La technologie développée suppose que l’utilisateur puisse toucher les démonstrateurs afin de comprendre les interactions physiques avec des écrans.

L’impact de la crise sanitaire a donc été immédiat avec des commerciaux bloqués chez eux. « Si les gens ne peuvent ressentir notre technologie, il est très difficile de comprendre les usages » comme le clic d'un bouton, le toucher d'une molette ou le curseur sur un écran. La société a donc eu recours au bon vieil envoi postal, et multiplié les démonstrations vidéo. Malgré tout, elle voit son pipeline de projets se remplir aussi bien en France, en Allemagne et en Italie : « Il y a un besoin d’innover chez tous nos prospects. »

Parler d’autre chose que du travail

L’innovation chez Hap2U a pris une autre tournure lorsqu’il a fallu vider les bureaux et les ateliers et mettre 45 personnes en télétravail. Même dans cette deeptech nourrit au numérique, se retrouver seul chez soi devant un écran, n’a pas été évident. Défi relevé. « Cela nous a, au niveau de la direction, obligés à retravailler notre façon de garder le lien social. » En particulier au travers de rencontres sur les plateformes d’échanges pour parler d’autre chose que du travail. « De notre vie à côté, du quotidien, des gardes d’enfants, ce qui finalement fait le lien, la cohésion d’une équipe. » Le télétravail, jusqu’alors possible deux fois par mois, prend ses aises deux jours par semaine. Et dans ce contexte, le point hebdomadaire traditionnel sur des sujets généraux de l’entreprise - commerciaux, techniques, financiers - a changé de dimension.

  • Vincent Riberolles
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